Sunday, July 28, 2019

Cotes Françaises

ENFIN la chaleur et le soleil … tous les jours !
Nous avons fuit l’Angleterre pour retrouver Christophe Marin et ses filles à Concarneau. Beau port en pleine ville avec excellent accueil et un service très, TRES, apprécié, le près de vélos et trottinettes gratuit. Cela permet de faire les courses et de visiter sans les tracas de locations … Equipe d’accueil gentils et souriants (ce qui est souvent le cas), toilettes neuves impeccables et fonctionnelles (pas besoin de s’acharner sur le bouton de débit d’eau dans la douche !).

Seul bémol, comme dans la plupart des ports, le WIFI. Les ports ont des fournisseurs soit en direct soit via les CCI ou la Mairie qui les équipent pour très cher, puis derrière ont des débits inutilisables … une honte ! Et en plus ils leurs raccontent des cracks tels que « c’est la faute des mats ! » ce qui est totalement faux car j’ai mesuré les débits et ils sont minables.

Notre guindeau s’étant « détruit » du à un boulon cassé qui a fait que l’engrenage s’est cassé une dent, fait que nous avons du le remplacer … encore une dépense imprévue, mais vu l’importance de pouvoir mouiller pour nous c’est mieux que ce soit maintenant que plus tard … Excellent service à Concarneau de Accastillage Diffusion.

Nous sommes allés à Belle Ile voir Dominique et Farida qui vivent « des vies de merde » et qui en passant une journée avec nous pour voir l’ile d’en face, nous ont convaincu que nous aussi on vit des « journées de merde » … alors depuis nous avons régulièrement cette phrase à la bouche …
Quelle joie de retrouver cette entente et nos valeurs qui n’ont pas changées en 40 ans !
Dominique fait des peintures qui sont maintenant libérée de leur « objet » pour chercher et trouver des dimensions d’energies universelles. Je vous invite à passer le voir à Belle Ile, mais il faut prendre rendez-vous, l’home travail ! Farida nous a gâtée … avec en plus sa joie de vivre !

Donc après ces journées de merde nous avons poursuivit pour voir Laurent et Brigitte aux Sables d’Olonne que nous avons trouvées en pleine forme sous l’emprise d’Agathe, leur petite fille de 14 mois. Mais là aussi nous avons repris des échanges qui nourrissent l’AME et on espère bien qu’ils viendront nous rejoindre … un jour.

François est arrivé et a passé une semaine avec nous. Malheureusement pour lui, nous n’avons pas pu aller plus loin que Port Medoc ce qui a écourté son temps de navigation. Une plongée mémorable avec un froid saisissant à 8m passant de 14° à 3 ou 4° en un mètre.

Evidemment pour aller voir nos amis à Biscarosse, nous avons loué une voiture et nous sommes baladés dans les vignobles … la voiture est TRES chargée car les tentations sont grandes.

Prochaine destination l’Espagne où Françoise pourra faire l’interface vu son acharnement à étudier l’ Espagnol.

Bises à tous, photos sur Facebook

------- English

FINALLY the heat and the sun ... every day!
We fled England to find Christophe Marin and his daughters in Concarneau. Beautiful harbor in the city with excellent hospitality and service very, VERY, appreciated, they loan bikes and skate boards free. This allows shopping and visiting without the hassle of rentals ... Friendly and smiling host team (which is often the case), impeccable and functional new toilets (no need to bother the flow button of water in the shower!).

Only downside, as in most harbors, the WIFI. The harbors have suppliers either directly or via the CCI or the City Council that equip them for very expensive, then behind have unusable data flows ... a shame! And what's more, they put on their cracks like "it's the mats' fault! Which is totally wrong because I measured the flow and they are lousy.

Our windlass was "destroyed" by a broken bolt that caused the gear to break a tooth, we had to replace it ... again an unexpected expense, but considering the importance of being able to anchor for us it's better now than later ... Excellent service in Concarneau of Accastillage Diffusion.

We went to Belle Ile to see Dominique and Farida who live "shitty lives" and who spent a day with us to see the island opposite, convinced us that we also live "days of shit" ... so since we regularly have this sentence in our mouth ...
What a joy to find that we continue to share values ​​that have not changed in 40 years!
Dominique makes paintings that are now liberated from their "object" to search for and find dimensions of universal energies. I invite you to visit Belle Ile, but you have to make an appointment, he works! Farida spoiled us ... with more of her joie de vivre!


So after these days of shit we continued on to see Laurent and Brigitte at Les Sables d'Olonne. We found them in good shape under the influence of Agathe, their 14-month-old grand daughter. Here too we have renewed with exchanges that feed the SOUL and we hope that they will join us ... one day.

François arrived and spent a week with us. Unfortunately for him, we could not go further than Port Medoc which shortened his sailing time. A memorable dive with a stunningly cold temperatures at 8meters passing from 14 ° to 3 or 4 ° in a single meter.

Obviously to go see our friends in Biscarosse, we rented a car and we wondered in the vineyards ... the car is VERY heavy because the temptations are great !

The next destination is Spain, where Françoise will be able to be the translator because of her efforts to study Spanish.

Kisses to all, photos on Facebook

Saturday, June 29, 2019

Bonjour de la Cornouaille
Eh oui ! Nous sommes enfin en route. Cherbourg a été plein de petites réparations et nous avons acquis nos nouvelles voiles … c’est impressionnant la différence ! Bien faites par les voileries Cherbourgeoises à un prix « raisonnable », Francoise ayant décidé que nous les gardions montées nous avons filé de Cherbourg à Weymouth. Pensant mettre l’ancre, nous avons découvert que le guindeau ne marchait plus, en fait une boite de jonction débranchée mais difficile à trouver, puis le moteur de l’annexe ne veut plus démarrer. Heureusement nous avons rencontré un opérateur de « visites rapide de la baie » qui nous a orienté vers le vieux port et contacté un jeune homme charmant qui nous a réparé cela en 24H.
Alors nous avons visité cet ancien port et gouté un Gin Tonic avec pour Francoise un tonic au concombre et gingembre et moi un tonic anti fièvre excellents. Bien entendu ils servaient 3 pour un achat de deux et nous en avons profité ! Vendredi soir, atmosphère de détente au soleil en fin de journée … très dépaysant. Françoise ayant déchiré un muscle dans l’aisne, nous y sommes allé en annexe à la rame vu que le moteur était en réparation. Cela a beaucoup plus aux badauds sur les berges.
Nous fuyons les ports et sommes passé à Brixham où Francoise avait passé quelques semaines à 18 ans, mais elle n’a reconnu que le port. Ancien port de pêche toujours en activité, c’était le plus important port de pêche de l’Angleterre au 19ième siècle. Galions à voile pêchant au filet lesté qui rentraient tous les dimanches pour aller à la messe. Quand le vent manquait, ils s’arrêtaient dans un port en route pour aller à l’église … les anglicans sont des gens sérieux !
On s’étonne du nombre de bateaux de plaisance dans les ports. A Weymouth il y a place pour plus de 1000 bateaux et on dirait 2/3 de bateaux à voile. A Brixham il me semble que 500 n’est pas très loin du compte et il y a des dizaines de ports semblables sur cette côte.
On reprend nos marques de vie, tant dans les opérations de navigation que celles de la vie à bord, repas(Merci Johanna et Stanislas pour les herbes!), lectures (Cyrulnik), scrabble (merci Anne et Eric!), musique, ptit ponch etc. Vos petits cadeaux nous font penser à chacun de vous régulièrement ! On part d’un port sans vraiment savoir où nous allons, cela dépend du vent, de l’heure, des envies du moment … enfin la vie que j’aime.
Fin de semaine prochaine nous quitterons les Scilly où nous arriverons ce vendredi, après un arrêt à Polperro qui semble un port charmant et mercredi à Penzance pour laisser passer un coup de vent et faire du fuel. Une manœuvre de prise d’amare sur bouée via annexe excellente ! Du coup on a ouvert la bouteille d’armagnac offerte par Laurent .
Possible arrêt aux Glenants juste pour voir, puis Concarneaux pour prendre Christophe probablement le 8 juillet. Je doute que nous allions à Brest malgré l’exposition de Sophie. Dominique à Belle Isle puis quelques cabotages vers les Sables d’Olonne si Laurent et Brigitte y sont.
Voilà les nouvelles d’un dimanche pendant que nous naviguons en « papillon » par vent arrière à 6 nœuds. Francoise fait une sieste et je pense à vous tous, vous nous accompagniez !

Bon vent mes amis

Sunday, June 16, 2019

1ière navigation - 1st Sail ... and issues!

Nous sommes partit de Boulogne avec 20 à 23 noeuds de vent dans le pif et une mer à 3 m de creux alors que la météo annonçait 15 noeuds et 0,2 de hauteur de mer ... bienvenue aux prévisions météo!
Un peu rude pour recommencer et notre progression en zig zag n'était pas pour nous encourager ... mais nous avons persévéré et le temps aidant nous avons pu progressivement mettre du génois et avancer à 6 noeuds. Heureusement la marée était avec nous!
Petite soupe réconfortante car sur le pont c'était frais malgré nos combinaisons ... nous n'avions pas mis les thermodactyles en dessous car après tout nous sommes en Juin.
Belle vue de la côte, Le Touquet un peut trop construit et en dessous (Cucq?) un vrai blockhaus de bâtiments rappelant la côte Belge. La grande roue de Berck avec ses hôpitaux immenses et entrée dans la baie d'authie sans pour autant pouvoir voir la sortie de l'Authie comme rivière. Fort Mahon dans le soleil et Quend puis nous avons décidé de nous arréter à l'ancre en Baie de Somme.
Je trouve l'endroit avec le moins de clapot au sud de la baie et nous tentons de mettre l'ancre. Je dis tentons car pas de courant donc pas de guindeau  ... nous avons du abandonner et poursuivre vers Dieppe où nous sommes arrivé par presque pleine lune. L'accès au port et au ponton sans histoire et facile, on était TRES fatigués. Le lendemain j'ai découvert ENFIN que un des boitiers connecteurs des fils s'était déconnecté ... Cela remarche bien que j'ai du démonter les boitiers et vérifié tous les fusibles sur les parcours ... l'apprentissage continu sur les méandres du bateau.


Monday, June 10, 2019

Départ - We are sailing!

Nous sommes dans les affres du départ ... tant de choses à régler, dossiers à boucler, et l'armement du bateau. Nous partirons JEUDI 13 pour Dieppe en s'arrêtant pour pécher en route. Il nous faudra trouver une bonne âme pour nous emmener à Boulogne et devrons déposer notre voiture au garage au préalable ... çà cours!


We are in the throes of departure ... so many things to settle, affairs to close or transmit, and getting the boat equipped. We will leave on Thursday 13th for Dieppe stopping to fish on the way. We will have to find a good soul to take us to Boulogne and have to drop our car in the garage beforehand ... we are on the go!

Nous avons ré-activé notre connexion satellite. Our satellite connection is reactivated!

Satellite Tel : US +1 881623493201 remember you pay the call, SMS works much better

Attention le tel 881623493201 est via satellite basé aux USA donc il faut faire +1 avant le numéro. Le cout peut être élevé et la communication inaudible. Utiliser de préférence des SMS et le tel en urgence seulement.

Pour nous envoyer des SMS utilisez le site suivant :  http://messaging.iridium.com/ 
to send us messages please use the following site address:  http://messaging.iridium.com/ 



Notre page pour voir notre position en direct est     ICI
See where we are in direct                                      HERE

 HERE - ICI

Saturday, June 8, 2019

Bonjour les amis

Cela fait 1 an déjà que nous sommes terriens ! Mais la vie est pleine de surprises et nous avons Françoise et moi le temps pour donner du temps au temps.


Françoise a vendue sa maison de famille à Abbeville … remis le jardin des courlis en état de fleurs et douceur de vivre














Moi j’ai modifié le bateau pour que nous soyons protégés en navigation tout en ayant un regard à 360° sur les horizons. En plus j’ai ré-équippé en panneaux solaires 4 X 340w et 4 batteries GEL de 220Ah car l’installation initiale d’une part ne produisait pas assez mais surtout les batteries étaient réduite en charge et du fait d’une installation initiale défectueuse ne tenaient plus la charge. QuoVadis je dois dire à reconnu ce fait et m’a remboursé me permettant de ré-investir et ne payer que le delta des coûts.

Donc nous avons un bateau ré-équippé pour repartir d’un bon pied. Nous avons un nouveau circuit d’eau traitée en ultraviolet (l’ancien mal installé s’était cassé!) qui nous permettra de boire l’eau des citernes sans risques (bien que je les maintienne TRES propres!). Nous avons un jeu de voiles neuves qui nous attend à Cherbourg et comme vous le voyez sur les photos tout l’arrière du bateau est modifié sans aucune modifications structurelles !

Pour ce nouveau départ nous avons décidé que nous PRENDRONS NOTRE TEMPS ! En effet les 11000 miles parcourus en 18 mois nous ont semblé bien trop rapides ne permettant pas le temps des loisirs ni de l’approfondissement des lieux visités et la création de liens avec ceux que nous rencontrons.











Nos projets …

Nous partons semaine prochaine pour Dieppe, petite pêche en route, pour participer à un marriage d’amis et voir des membres de la famille de Françoise.

Le 17 Juin nous serons à Cherbourg et repartirons le 19 ou le 20. Le temps de diner avec Vincent et sa fille (si elle vient) et de valider les nouvelles voiles ainsi que de récupérer quelques équipements de sécurité qui sont à renouveler du aux dates de péremption.

A partir de cette date les dates sont estimatives car nous prendrons le temps requis sans s’inquiéter du planning. Ceux qui veulent nous rejoindre devront en discuter avec nous et nous nous coordonnerons au fil du temps.

Ce que l’on pense à ce jour :

20 Juin à fin Juin – Les iles Scilly, Dingle en Irlande


1juillet à fin Juillet et suite au mois d’Aout cabotage en France , puis Espagne et possiblement Portugal.
- Ouessant
- Ile Molène
- Concarneau ( Marin nous rejoint?)
- Groix ?
- Belle Ile en Mer (Dominique nous attend!)
- Noirmoutier ?
- Ile d’Yeu
- Les Sables d’Olonne (si Laurent y est!)
- Ile de ré ?
- Bordeaux ? (Royan si Goupil veut nous voir)
- Deba, Lekeitio, Bilbao ?
- Gihjon-Sur
- A Coruna
- Pontevedra /Santiago de Compostela / Parque Nacional isla Atlanticas /Vigo
- Viana Do Castelo (Portugal)
- Porto
- Figueira da Foz
- Lisbon
- Faro

Puis nous irons à TANGER au Maroc pour sortir de l’Union Européenne.

Là nous aurons un choix à faire, nous voulons aller aux iles Madères, mais aussi longer la cote du Maroc, cela dépendra possiblement de vous et vos projets, mais les deux seront vus.

Madère / Maroc en Aout/Septembre, puis les Canaries avec des arrêts au moins sur Fuerteventura et sa terre volcanique ainsi que La Frontera Santa Cruz de Tenerife pour voir nos amis responsables d’un club de plongée.

Vous suivrez le programme sur le Cap Vert dans nos prochains affichages. N’oubliez pas de nous suivre sur MAPS le lien qui vous montre OU nous sommes et même à quelle vitesse nous naviguons. Nous attendons vos commentaires.

L’engagement de Françoise et moi c’est de faire un affichage toutes les semaines cette fois car nous réalisons que nous avons été trop absents de ce site.

Bon vent à vous aussi !

In English -----------------------------



Hello friends

It's been a year now that we are earthlings! But life is full of surprises and we have Françoise and I the time to allow time for time.

Françoise has sold her house ... restored our garden in a state of flowers and sweetness of life, and I modified the boat so that we are protected in navigation while having a 360 ° view of the horizons. In addition I re-equipped in solar panels 4 X 340w and 4 batteries GEL of 220Ah because the initial installation on the one hand did not produce enough but especially the batteries were reduced in load and because of a defective initial installation so they no longer held the load. QuoVadis I have to say to acknowledged this fact and refunded me allowing me to re-invest and pay only the cost delta.

So we have a re-equipped boat to get off to a good start. We have a new ultraviolet water treatment circuit (the old badly installed was broken!) That will allow us to drink tank water safely (although I keep them VERY clean!). We have a new set of sails waiting for us in Cherbourg and as you can see in the pictures, the whole rear of the boat is modified without any structural modifications!

For this new start we have decided that we will TAKE OUR TIME! Indeed, the 11,000 miles traveled in 18 months seemed to us too fast not allowing the time of leisure or exploration of the places visited and the creation of relations with those we meet.

Our projects …

We are going next week for Dieppe, a small fishing trip, to participate at a wedding of friends and see members of Françoise's family.

On June 17 we will be in Cherbourg and will leave on the 19th or the 20th. Time to have dinner with Vincent and her daughter (if she comes) and to validate the sails as well as to recover some safety equipments which are to be renewed from the dates of expiration.

From this point dates are estimated because we will take the required time without worrying about the schedule. Those who want to join us will have to discuss it with us and we will coordinate over time to insure we meet your time frame and do not stress ourselves.

What we think so far:

June 20 to end of June - Scilly Islands, Dingle in Ireland

1 July to end of July and following the month of August we will hugg the coasts in France, then Spain and possibly Portugal.
- Ouesssant island
- Molène Island
- Concarneau (Marin joins us?)
- Groix?
- Belle Isle en Mer (Dominique is expecting us!)
- Noirmoutier?
- Ile d'Yeu
- Les Sables d'Olonne (if Laurent is there!)
- Island of Re ?
- Bordeaux? (Royan if Goupil wants to see us)
- Deba, Lekeitio, Bilbao?
- Gihjon-Sur
- A Coruna
- Pontevedra / Santiago de Compostela / Parque Nacional Isla Atlanticas / Vigo
- Viana Do Castelo (Portugal)
- Porto
- Figueira da Foz
- Lisbon
- Faro

Then we will go to TANGER in Morocco to leave the European Union.

There we will have a choice to make, we want to go to the islands Madeira, but also along the coast of Morocco, it may depend on you and your plans, but both will be seen.

Madeira / Morocco in August / September, then the Canaries with stops at least on Fuerteventura and its volcanic land as well as La Frontera Santa Cruz de Tenerife to see our friends responsible for a diving club.

You will follow the program on Cape Verde in our next displays. Do not forget to follow us on the MAPS tab and the link that shows you WHERE we are and even how fast we are navigating. We are waiting for your comments.

The commitment of Francoise and me is to make a display every week this time because we realize that we have been too absent from this site.

Our best to you too!





Wednesday, January 9, 2019

NYC aux Azores

Nous sommes en hautes mer, sud est de New York en route pour les Azores, port de Horta … si dieu le veut ! Mer très agitée, turbulente car vents très changeants et bien au dessus des prévisions GRIB des experts tant Weather4D que PredictWind ! 42 nœuds en rafales et des dizaines d’heures entre 30 et 40 nœuds là où ils parlaient de 20 à 30 nœuds maximum. Nous sortons récupérer labarre quand la bourrasque est trop forte pour le Pilote qui vaillamment tente de garder le bateau sur la route. Route sud est jusqu’au 38° parallèle pour tenter de sortir des coups de grands vents qui se forment sur la cote est des Etats Unis pour traverser vers le nord jusqu’en Europe.
Arrivé à New York splendide avec Françoise, c’est la troisième fois que je passe en bateau la statue de la liberté (hormis visite touristique à partir de New York). Toujours impressionnant cette ile avec ses gratte-ciel qui poussent comme des champignons. Wall Street a été complètement rénové avec le mémorial des Twin Towers, le front de mer transformé en parc et ses nombreux nouveaux gratte-ciel les uns plus grands que les autres. Les piétons ont maintenant le droit de circuler car on a pensé à eux et c’est vraiment la métro-polis de superman.
Hudson Point Marina est notre destination (environ $200 par nuit!) ou René nous a accueillit. Homme charmant et plein de dimensions et ressources que j’ai BEAUCOUP apprécié. J’ai l’espoir que nous en sortirons avec une amitié pérenne. Avec Françoise nous avons visité le mémorial 9/11 à New York, et dans le grand centre commercial en face, en essayant de faire réparer son téléphone dont la batterie était naze, elle a finalement craqué pour le 8+ dernier modèle en version 256giga afin qu’elle puisse faire des photos et ne pas saturé son appareil. Aux USA avec ses 6 % de taxe et le change elle l’achète bien moins cher qu’à Paris. Eric du coup m’en a fait acheter un pour lui mais un 8 de 64giga … plus raisonnable et adapté à son travail.
Evidemment nous avons bourlingué à New York et fait des achats, notamment le savon que je ne trouve qu’ici Dr Browner’s, savon écolo et TRES agréable sur la peau. Ondine, ma sœur, nous a invité à la pièce de théâtre de Ella Rose, Le Géant Vert, pièce très bien jouée et que j’ai trouvé pleine de messages pour les adolescents sur le fait d’être différent, que ce qui compte c’est de se trouver sois-mème et la tolérance de l’autre. Mais le plus important pour moi c’est d’avoir retrouvé ma sœur avec un changement radical d’attitude envers sa vie et les autres. Quel plaisir d’avoir retrouvé MA Ondine, celle qui sautait dans mes bras à 9 mois et qui est pleine de vie, d’amour et bien entendu avec son intelligence et sa maturité d’aujourd’hui. Seth, toujours fidèle à lui-même, nous a invité à son club de Jazz leJazz Standardou il est Directeur Artistique et nous avons passé une excellente soirée à écouter du jazz à la fois moderne mais pas cacophonique (désolé j’ai du mal avec certains « free » jazz).
Celia, ma quo-équipière pour la traversée est arrivée le 26 mars et Françoise à pris l’avion pour la France ne voulant pas faire la traversée de l’atlantique. On se marre bien avec Celia, une fois qu’elle a compris que j’aime vraiment Françoise et qu’elle ne risque rien avec moi.
J’ai revu Yamuna (Yamuna body logic sur le net) qui est toujours une femme incroyable, dédiée à son œuvre pour aider les autres à mieux vivre avec leur corps et on se retrouve à chaque fois avec plaisir. Dommage que je n’ai pu croiser sa fille, Yael , car j’aurais bien aimé la revoir. Par contre j’ai pu revoir Steven Schwartz que j’ai connu enfant, jeune adulte et que je revois avec sa femme à la cinquantaine … toujours le même enthousiasme pour la vie et j’ai l’impression que nous avons fait des chemins parallèle dans la vie, ce qui nous permet d’échanger, probablement un peu comme nos parents l’ont fait en leur temps.
Le départ se passe bien mais nous avons du gros temps. Première avarie c’est la drisse de l’enrouleur qui se rompt car le guide sur bastingage s’est cassé et coupé cette drisse toute neuve que je venais d’installer. Du coup elle est trop courte … j’ai heureusement un filin de dynéma suffisamment long pour la remplacer. Compliqué avec 25 nœuds de vents, les vagues qui passe par dessus le devant du bateau … je m’habille avec bottes, combinaison et manteau HPX et je passe une demie heure à me faire rincer alors que fixe un bout pour me permettre d’enrouler le génois. Je reste sec sauf pour l’eau qui en me coulant dans le cou me mouille un peu le T shirt. Une fois le génois enroulé, j’ai pu remplacer la drisse et re-déplier un tiers de Génois … mais le nouveau bout ne se bloque plus (trop petit et glissant) alors on bricole en bloquant sur un winch. A remplacer à HARTA !
Le lazzy bag, sac qui tient la voile sur le mat quand la voile est baissée, se déchire tout au long de la baume. Alors je l’enlève plutôt que de perdre les lattes et avoir ce truc qui claque au vent. J’ai l’impression de redevenir un singe alors que je travail sur un pont glissant, et secoué comme un âne. Evidemment le gilet de sauvetage avec ses deux attaches me sécurisent sur ces actions.
Ca fait 3 jours que nous sommes ballotés et qu’il faut s’accrocher partout. On se cogne et le champion de la renverse d’aliments ou boissons c’est moi ! Celia bravement nettoie le plancher de temps en temps pour éviter que cela devienne une patinoire. Le pire c’est qu’il y en a encore pour 3 jours avant de voir une éclaircie ! On fait bien 140 miles par jour, mais comme nous allons vers le sud cela ne nous rapproche que de 100 miles de notre destination. Enfin au bout de 6 jours nous avons une journée convenable et surtout nous sommes pointé vers notre destination .
Celia s’acclimate bien et est bien brave face à cette traversée très chaotique. Un peu frustrée que ce soit moi qui fasse la plupart des manœuvres, je lui dit de patienter et d’apprendre déjà en regardant. Puis petit à petit elle comprend et arrive à anticiper. Cela est d’une grande aide, ce qu’elle ne perçoit pas encore. Une nuit il y a eu de l’orage, chose qu’aucun marin n’aime depuis qu’il dépend de l’électronique, c’est ce qui a inquiété je pense le plus Celia.
Maintenant que l’on est sous la barre des tempêtes on continue quand même avec des vents erratiques et forts qui nous font prendre des ris et diminuer le génois. Heureusement que l’on a remplacé l’étais d’avant avant de partir. On a eu une journée de répit et tenté de pêcher mais sans succès … hélas les mers sont vides, il faudrait un moratorium de 10 ans pour que le poisson revienne … et encore. Beaucoup de méduses cependant ce qui indique là aussi qu’il n’y a pas de poissons prédateurs. Sur cette traversée on voit peu de sargasses, un tout petit peu au début mais rien de comparable aux ilots de plusieurs kilomètres lors de la traversée du Cap Vert en Avril dernier.
Une journée de pétole, alors je met le moteur pour découvrir qu’il y a une autre fuite d’huile.
Je remplace carrément la durite que j’avais déjà réparée une fois. Durite qui produit des fines pluie d’huile … heureusement j’avais acheté de la durite suite à la première fuite. Mais les aventure continuent ! Celia me dit que cela sent bizarre. Je regarde et vois un peu de fumée ? Ou juste quelque chose qui fume ? Jetant un coup d’oeil aux jauges moteur je vois que cela surchauffe et éteint tout de suite. Je rallume et vois que cela baisse, mais s’arrête à 100°. Je ré-éteint et cherche pour enfin trouver que la courroie n’est plus sur la pompe de refroidissement car le pignon de calage de la courroie a fondu et est bancale. Cette pièce sur roulement à bille ne sert qu’à positionner la courroie afin qu’elle adhère au générateur et à l’axe du moteur. Mon diagnostique est qu’un mécanicien a du lors d’une révision trop serrer cette courroie qui a engendré une surchauffe de cette pièce. Cependant elle est essentielle pour faire fonctionner le moteur en permettant son refroidissement. Nous sommes donc sans moteur ! Ce n’est pas les 700 miles qui restent qui m’inquiètent, en plus la météo annonce du vent, mais c’est l’arrivée au port de Harta. Sans moteur on ne peut même pas descendre l’ancre, sauf à la main. Je peut le faire tourner probablement 5 minutes mais pas plus avant qu’il ne chauffe.
Je démonte le cache et la pièce et vois qu’il y a un centre métallique. Je tente de refixer ce centre sur la poulie amochée en remplissant avec de l’époxy (toujours avoir de l’époxy avec soit!) et bien que ce ne soit pas totalement centré, possiblement suffisamment pour tenir quelques minutes. Soit cela casse en quelques secondes, soit cela tient quelques minutes, assez pour entrer au port ???
Le problème va être de disposer de cette pièce à Harta. Il est samedi du weekend avant le premier Mai qui est un pont jusqu’à Mercredi prochain … je tente de remuer ciel et terre, même Françoise semble en avoir mare des mes relances. C’était déjà le problème du weekend de pâques l’an passé quand j’ai eu le problème de la baume. Mais nous avançons vent grand largue (3/4 arrière) entre 7 et 9 nœuds avalant des miles comme jamais avant. On espère arriver avant une pétole annoncée mercredi soir ! Car sans moteur et sans vent on est coincé.
En me relisant je m’aperçois que je ne parle pas des heures tranquilles pendant lesquelles nous lisons, rêvassons, et en général « passons le temps ». Cela fait l’objet d’une discussion intéressante sur le peu d’intérêt et de valeur que la société et notre éducation donne a ce temps pourtant indispensable pour vivre, intégrer les expériences et penser. Penser, voilà une activité que l’on ne valorise pas à l’école. On me disait « tu regarde quoi ? » quand je regardais les arbres nus dans la cour de récréation, laissant mes pensées divaguer. Personne ne nous dis « prend le temps de penser ». Pourquoi on ne passerait pas une demie heure par jour à dire aux élèves, maintenant je vous propose de penser pendant une demie heure » ? Cela pourrait être très porteur de beaucoup d’apprentissages et finalement « apprendre à penser » n’es-ce pas le sujet principal de l’école ? On favorise le mouvement brownien des échanges électroniques du style « où t’es ? », les courriels qui servent de façon cachée à se couvrir et pouvoir dire « je te l’avais pourtant écrit » et les milliers de messages échangés dans les entreprises alors qu’il suffirait de traverser le couloir ... quand cela ne fait rien avancer sauf nos angoisses. Celia et moi parlons d’énormément de sujets variés de ce style dans des échanges réguliers qui deviennent rituels au fil de la traversée. Elle est dans l’âge où l’on sait assez pour savoir que l’on peu tout remettre en question et où l’on établit ses propres références. C’est passionnant et j’apprécie beaucoup ces échanges ouverts et francs
Toujours pas de poissons bien que l’on croise maintenant quelques petits bateaux de pêche indiquant je pense que nous entrons dans les eaux des Açores. Il est vrai que nous avançons à une telle allure que la pêche est moins accessible bien que plusieurs autres bateaux me disent qu’on peut pêcher sans problème jusqu’à 8 nœuds … moi je n’ai jamais rien attrapé au-delà de 4 nœuds.
On avale des livres de 1000 pages en quelques jours en se faisant bercer par les roulements des vagues. Je viens de relire « Centennial » histoire du Colorado romancée mais très bien écrite et documentée que je recommande à toute personne qui veut avoir un aperçu de l’histoire de cette région. Actuellement je lis « Les Caraïbes » de Michelet qui retrace l’histoire de cette région.

Voilà, nous sommes à 130 miles nautiques (MN) de Harta aux Açores avec un temps gris, du Mozart et des dauphins qui nous suivent venant nous voir de temps en temps. La vie à bord après le déjeuné d’une omelette salade (oui, le gaz est épuisé et nous utilisons le gaz de camping de Celia. Aux USA impossible d’obtenir ni adaptateurs ni recharge de nos bouteilles, alors j’ai acheté les embouts auxquels je pourrais ajouter des embouts européens et disposer non seulement d’une solution pour moi mais en avoir en surplus comme cadeau pour d’autres navigateurs. Apparemment personne n’a vu que c’était un créneau de marché à prendre, introuvable sur l’internet.

20 miles de Horta, tout d’un coup il n’y a plus que 4 puis 3 puis 2 nœuds de vent ! On est fixé sur place balloté par de petites vagues. J’ai beau tenter de tourner dans tous les sens, il n’y a pas de vent. On est là, comme un bouchon quand on voit au loin un voilier dans notre trace qui semble se diriger vers Horta. Il n’apparait pas sur l’AIS mais lentement devient de plus en plus grand. Une fois à porté de son, malgré mes gestes leur faisant signe auxquels ils n’ont pas répondu, ni à la VHF !, je fais sonner la trompe. Là ils se rapprochent et on leur explique notre problème. Alors ils nous prennent une ligne et nous tirent jusqu’à Horta. Manoeuvre très périlleuse initialement mais que j’arrive à maitriser … on se demande pourquoi le capitaine nous a fait pivoté sur nous même pour nous tirer et fixé le point de tire à sa gauche au lieu de le mettre au centre … mais je suis content de rentrer au port. Il accepte de me faire rentrer dans le port et lorsqu’il me lâche, j’arrive à glisser jusqu’à un quai sans avoir à mettre de moteur. Ce sont des allemands, équipiers payants ou non selon leur relation avec le capitaine, qui vont à Gibraltar. Je propose au capitaine d’inviter l’équipe à diner, mais il me dit qu’ils n’ont pas besoin de cela et qu’il préfère que je lui donne de l’argent. Quand je lui demande combien, il me demande 200€ (je trouve cela mesquin, surtout quand j’ai appris qu’il est multi millionnaire avec son bateau à 5 million d’Euros, mais c’est a peu près ce que j’aurais payé pour un diner.)
HORTA, petit village agréable avec un accueil chaleureux. J’y trouve des magasins et personnels compétents, même type qu’en Martinique. Ce sont des gens qui ont l’habitude de travailler avec des navigateurs qui naviguent pour de vrai. Au port, les autorités ayant appris que j’avais une panne moteur, m’envoi des gendarmes pour me faire dire qu’ils n’autoriseront pas mon départ sans avoir l’assurance que c’est réparé. Apparemment ils considèrent qu’ils sont responsables et en plus je pense qu’ils n’ont aucune envie d’avoir des bateaux qui partent puis appellent au secours une fois en mer. En plus je rencontre un couple qui réparent les voiles et dont on me dit grand bien, alors je leur confie le Lazy Bag qu’ils me réalisent pour 20 % de moins que les meilleurs prix sur l’internet. Sophia Borges et Louis Serpa sont charmant et je les invitent à diner après avoir installé le nouveau Lazy Bag qu’ils ont fait à mes spécifications sur la base de l’ancien modèle. Je pense qu’ils resteront des « amis » et que je les reverrais à un retour aux Açores.

On attend les pièces, tout est prèt pour repartir mais c’est la saison des journées fériées et des ponts. On nous promet les pièces Mardi, possiblement Mercredi mais surement Jeudi. En attendant nous visitons l’ile mais en avons vite fait le tour et le temps commence à être long. Heureusement on fraternise avec les voisins, partageons des repas et échangeons nos histoires. Hélène est arrivée et s’intègre a notre duo, c’est « la copine » donc pas difficile à intégrer.

Finalement Jeudi on m’annonce que la pièce ne sera là que Vendredi à 19hr car l’avion arrive vers les 17hrs … et qu’ils l’installeront dès son arrivée. Je suis très mécontent car Mercredi on m’avait assuré que la pièce était chez le transporteur et programmée pour l’avion du matin jeudi. Alors Vendredi je fais le tour afin de m’assurer que la pièce est réellement sur l’avion et je passe après avoir payé le port et fait les documents de sortie (passeport du bateau pour l’Europe pendant 18 mois) à la capitainerie maritime qui doit me permettre de partir ayant vérifié que la réparation était faite. Là j’apprend que le vendredi ils ferment à 16hr, donc personne pour faire la vérification et livrer le certificat. Je leur annonce que je pars de toute façon et ils me disent que s’ils apprennent cela, ils viennent me chercher, immobilisent le bateau et me mettent en prison. Cependant ils m’informent que si je paye 85 € pour le constat et 25€ pour l’encaissement hors horaire ils peuvent programmer cela pour 19hrs. Furieux je n’ai plus qu’à dire oui.
A 19hr en effet on vient installer la pièce et faire un test moteur, puis on attend une demie heure que le technicien de la capitainerie vienne vérifier, ce qu’ils font et prennent des photos à mettre dans leur rapport. Enfin je pars payer à la capitainerie, mais là les policiers m’informent que la personne préposé aux encaissements n’est pas là et qu’il faut l’attendre … 5 minutes. Ils sont charmant et s’excusent mais disent qu’ils ne peuvent prendre l’argent. Heureusement j’avais sortit des espèces car après 3 fois où l’on me demande d’attendre 5 minutes, une demie heure plus tard je leur dit que cela suffit, je paye pour le service et que je ne vais pas attendre plus longtemps. Le jour baisse et je veux partir avant la nuit. Alors je sors l’argent, le compte devant la police et gentiment ils me font le document de sortie requis pour mon départ. Tout ceci avec mille excuses, des policiers charmants mais une administration incompétente.
Je vais alors payer mes pièces et mes achats ayant au préalable parlé avec Duncan, le propriétaire, auquel j’ai dit que du à leur retard je devais payer 110€ à la police et 20€ à la capitainerie, frais que j’estimais ne pas être à moi de payer. Face à cet argument, il m’a dit « paye ce que tu estime être juste » ce que j’ai trouvé franchement très honnête et responsable. Je recommanderais à tous d’aller chez eux car s’ils ont la réputation d’être un peu plus cher (non prouvé) en tout cas travailler avec des gens compétents et qui respectent leurs engagements, c’est rare, à encourager et à faire savoir.
Nous partons enfin avec un bateau en bon état, sauf le chauffage qui est toujours en panne malgré qu’il reçoit correctement du fuel, mais le manuel technique ne parle pas du code panne que j’ai (à faire réparer par Beneteau).
Départ en direction du nord où un front se dessine et pour éviter une pétole annoncée dans deux jours sur notre route. Un peu frustrant car on ne fait que 80 % vers notre direction ou moins et pourtant on avance à 6 nœuds. Les prévisions cependant sont bonnes, voir excellente car pas de gros temps et un vent « honorable » pour tout le trajet hors une petite pétole vers l’arrivée … mais cela peut changer.
Après une journée d’adaptation, les filles ayant un petit mal de mer mais rien de grave, Hélène dors beaucoup et Celia n’est pas au mieux le premier jour, même moi je ressent un léger mal de crane, on s’adapte et la navigation est finalement TRES tranquille. Des journées qui démarrent avec du 140 miles jour et même parfois du 160 à 7 ou 8 nœuds de moyenne. Celia forme Hélène et je complète. Elle trouve que mes directives ne sont pas toujours claires et que mon ton est trop directif, voir préremptoire, on a même un jour une remarque que je fais suite à une erreur que Celia ne trouve pas « constructive », mais heureusement le dialogue est là et on s’aime bien ce qui permet de dépasser ces embrouilles passagères.
Hélène a déserté sa cabine pour dormir avec Celia. Elles sont chahutées lorsque l’on est au pré mais semblent faire avec … leur lit ressemble à un nid. Les partages de tâches se font bien et elles participent aux points de nuit et aux manœuvres. Celia a même assumé le rôle de capitaine une journée mais n’en a pas redemandé. Je tente de gérer le bateau pour arriver au plus vite sans pour autant se faire bousculer. A 4 jour de l’arrivée je pense que l’on pourra faire le parcours en 12 jours ce qui est très honorable. Depuis que nous avons passé la moitié du parcours Celia organise sa vie d’après et moi je me languit de Françoise qui semble un peu seule à la maison. On a des nouvelles par SMS et de temps en temps j’arrive même à téléphoner alors qu’au Caraïbes c’était inaudible.
Roscoff est maintenant proche, je suis impatient d’arriver en vue des côtes de Bretagne.

Sunday, April 15, 2018

New Rochelle – Connecticut, récit de Célia

Etant bloqués depuis 1 semaine à la marina de la New Rochelle avec Pascal, nous avons eu le temps de commencer à bien faire connaissance. Beaucoup de gens m’ont souvent posé la question suivante : « mais, tu penses que ça va le faire avec ce mec que tu ne connais pas ?! » ; et ma réponse a toujours été la même : « oui, le courant est bien passé au téléphone, et je le sens bien » , et ce « good feeling » a très vite été confirmé lorsque je l’ai rencontré avec sa femme à New York.
J’ai donc toute confiance pour notre 1ere navigation qui nous emmène vers la marina de Westbrook.
Les prévisions sont bonnes, nous avons laissé passer la tempête annoncée pour naviguer sous soi-disant 20-25 nœuds en début d’aprem, diminuant en cours de soirée.
Le départ se fait (enfin!), nous sortons tranquillement de notre marina, montons la GV, puis la trinquette (petite voile avant) avec vent arrière de 15 nœuds. C’est une découverte pour moi, j’ai très peu d’expérience en navigation et suis là pour tout apprendre. Pilote auto en route, Pascal en profite pour effectuer une réparation à l’intérieur. C’est bien évidemment à ce moment-là que le pilote auto décide de décrocher (il n’est plus capable de maintenir son cap et ne sait donc pas quoi faire).
J’observe, tranquillement, Pascal, manoeuvrer pour nous remettre dans le bon sens, j’apprends à ressentir ce bateau que je ne connais pas et dont je peux seulement dire, à ce moment là, qu’il est stable. Je mentirai si je disais que je n’ai pas d’appréhension, c’est toujours impressionnant de giter et voir la mer à 45 degrés sur un voilier de 45 pieds. Je reprends confiance, le pilote nous lâche 2 ou 3 fois mais je commence à me sentir à l’aise, ; malgré un vent forçant vers 20 nœuds.
D’un coup, tout arrive en même temps : rafale à 40 nœuds, chariot du rail qui s’arrache du rail (ce qui ne devrait pas arriver !!), en conséquence écoute de trinquette totalement au vent, qui nous fait des rafales jusqu’à 35 nœuds, Pascal tentant de récupérer l’écoute de trinquette qui s’est défaite du winch. Je tente de l’aider du mieux que je peux, c’est là que je peux ressentir toute la puissance du vent dans ce morceau de corde que je tente de maitriser pour le remettre sur le winch. De toute manière cela ne sert à rien, il ne tient pas dessus. Pascal tente de maintenir le cap au moteur, qui se décide lui aussi à tomber en panne… Que dire ? Le stress commence à monter chez moi, paniquer ne changerait rien, alors j’espère juste qu’il trouvera la panne pour se remettre sur le bon cap… Ce n’est pas gagné, mais il semblerait que j’ai décidé de naviguer avec la bonne personne ; il remet tout d’aplomb et décide d’affaler la GV (vent trop puissant pour permettre de naviguer avec) afin de continuer au moteur. Une fois le moteur en route, tout devient plus simple et nous sommes juste secoués par la houle et un peu le vent. Nous apprendrons le lendemain à la marina que le vent est monté jusque 45 nœuds.
Je fais ma 1ère navigation de nuit, en surveillance d’instrument pendant que Pascal fait une petite sieste. Puis il prend le relai et nous arrivons vers 3h du mat à proximité de notre destination et descendons l’encre pour finir la nuit et arriver tranquillement le lendemain midi à la marina.
Ce baptême, bien que secoué, me permet d’apprendre à ressentir le bateau et en découvrir sa stabilité dans la « tempête », et de connaître le capitaine en situation de difficulté (de mon point de vue), je suis donc confiante pour traverser l’Atlantique, ce qui est important pour nous 2.
Egalement, même si prenons du retard (départ prévu 26 mars), et à certains moment rongeons notre frein, ces évènements sont tous liés ; le changement de la GV nous permet de voir les torons du câble de génois cassés, le retard de la réparation de l’auto pilote nous faisant traverser une journée plus ventée que prévu, permet de réparer facilement et non pas en pleine mer certaines pièces défectueuses (écoute) et d’effectuer un départ totalement serein.
Là nous avons enfin donné un sérieux coup de nettoyage à l’extérieur du bateau qui était plein de sels. Les vagues ont déchiré le sac du Spi attaché sur le pont et ont l'a perdu. Je remarque une sangle qui reste qui semble elle déchiré aussi, un résultat du chariot cassé?

Il faut savoir prendre son mal en patience, ce qui devrait nous permettre de pleinement profiter de la traversée jusqu’au Azores puis en France !
Pour ma part, je m’estime heureuse et très chanceuse d’être tombée sur une personne aussi ouverte d’esprit pour embarquer une inconnue inexpérimentée, et lui laisser la possibilité d’apprendre à réaliser un de ses rêves : naviguer.

New Rochelle - Connecticut, story of Célia

Being stuck for 1 week at the marina of New Rochelle with Pascal, we had time to get to know each other. Many people have often asked me the following question: "But, do you think it will do with this guy you do not know ?! »; and my answer has always been the same: "yes, the feeling is good over the phone, and it feels good", and this "good feeling" was quickly confirmed when I met with his companion in New York .
So I have all confidence for our first navigation that takes us to the Westbrook Marina.
The forecasts are good, we let the announced storm to sail under so-called 20-25 knots early aprem, decreasing during the evening.
The departure is done (finally!), We leave quietly of our marina, assemble the GV, then the staysail (small forward sail) with tailwind of 15 knots. This is a discovery for me, I have very little experience in navigation and am here to learn everything. Auto driver en route, Pascal takes the opportunity to make a repair inside. It is obviously at this point that the driver decides to pick up (he is no longer able to maintain his course and therefore does not know what to do).
I observe, calmly, Pascal, maneuver to put us in the right direction, I learn to feel this boat that I do not know and which I can only say, at that moment, that it is stable. I will lie if I say that I have no apprehension, it is always impressive to lie and see the sea at 45 degrees on a sailboat 45 feet. I regain confidence, the driver lets us go 2 or 3 times but I start to feel comfortable,; despite a wind force up to 20 knots.
Suddenly, everything arrives at the same time: gusting to 40 knots, the rail chariot that pulls off the rail (which should not happen!), Therefore we put totally into the wind, which gusts us up at 40 knots, Pascal trying to get hold of the staysail which broke the rail chariot. I try to help him as best I can, that's where I can feel all the power of the wind in this piece of rope that I try to control to put it back on a winch. Anyway it is useless, I cannot fix it on it. Pascal tries to stay on course with the engine, which also decides to break down ... What to say? Stress starts to rise at home, panic would not change anything, so I just hope he'll find the fault to get back on track ... It's not a sure thing, but it seems like I decided to navigate with the right person ; he puts everything right and decides to lower the GV (wind too powerful to navigate with) to continue with the engine. Once the engine is running, everything becomes easier and we are just shaken by the swell and the wind. We will learn the next day at the marina that the wind had risen to 45 knots.
I'm doing my first night navigation, instrument monitoring while Pascal takes a nap. Then he takes the relay and we arrive around 3 am near our destination and downed the anchor to finish the night's sleep and enter quietly the next noon at high tide at the marina.
This baptism, although I am shaken, allows me to learn to feel the boat and discover its stability in the "storm", and to know the captain in difficulty (from my point of view), so I am confident to cross the Atlantic, which is important for us 2.
Also, even if we are falling behind (planned departure on March 26th), and at some point in the making, these events are all linked; the change of the GV allows us to see the cable with 4 strands broken for the genoa, with the delay of the repair of the autopilot making us go through a day windier than expected, it can easily be repaired and not in the open sea! repairing some defective parts makes for a completely serene departure.
The waves we suffered tore off our Spi, which was well attached on deck. But the sun had seriously weakened the canvas of the bag and it tore and the sail disappeared. We had no indication of this loss, which must have taken place in the night, I just noticed the torn bag dangling overboard in the morning and a strap torn which could be the effect of the flying chariot.
 We must know how to have patience, which should allow us to fully enjoy the crossing to Azores and France!
For my part, I feel very happy and fortunate to have fallen on such an open-minded person to take on an inexperienced stranger, and to give her the opportunity to learn how to realize one of her dreams: to sail.