Wednesday, January 9, 2019

NYC aux Azores

Nous sommes en hautes mer, sud est de New York en route pour les Azores, port de Horta … si dieu le veut ! Mer très agitée, turbulente car vents très changeants et bien au dessus des prévisions GRIB des experts tant Weather4D que PredictWind ! 42 nœuds en rafales et des dizaines d’heures entre 30 et 40 nœuds là où ils parlaient de 20 à 30 nœuds maximum. Nous sortons récupérer labarre quand la bourrasque est trop forte pour le Pilote qui vaillamment tente de garder le bateau sur la route. Route sud est jusqu’au 38° parallèle pour tenter de sortir des coups de grands vents qui se forment sur la cote est des Etats Unis pour traverser vers le nord jusqu’en Europe.
Arrivé à New York splendide avec Françoise, c’est la troisième fois que je passe en bateau la statue de la liberté (hormis visite touristique à partir de New York). Toujours impressionnant cette ile avec ses gratte-ciel qui poussent comme des champignons. Wall Street a été complètement rénové avec le mémorial des Twin Towers, le front de mer transformé en parc et ses nombreux nouveaux gratte-ciel les uns plus grands que les autres. Les piétons ont maintenant le droit de circuler car on a pensé à eux et c’est vraiment la métro-polis de superman.
Hudson Point Marina est notre destination (environ $200 par nuit!) ou René nous a accueillit. Homme charmant et plein de dimensions et ressources que j’ai BEAUCOUP apprécié. J’ai l’espoir que nous en sortirons avec une amitié pérenne. Avec Françoise nous avons visité le mémorial 9/11 à New York, et dans le grand centre commercial en face, en essayant de faire réparer son téléphone dont la batterie était naze, elle a finalement craqué pour le 8+ dernier modèle en version 256giga afin qu’elle puisse faire des photos et ne pas saturé son appareil. Aux USA avec ses 6 % de taxe et le change elle l’achète bien moins cher qu’à Paris. Eric du coup m’en a fait acheter un pour lui mais un 8 de 64giga … plus raisonnable et adapté à son travail.
Evidemment nous avons bourlingué à New York et fait des achats, notamment le savon que je ne trouve qu’ici Dr Browner’s, savon écolo et TRES agréable sur la peau. Ondine, ma sœur, nous a invité à la pièce de théâtre de Ella Rose, Le Géant Vert, pièce très bien jouée et que j’ai trouvé pleine de messages pour les adolescents sur le fait d’être différent, que ce qui compte c’est de se trouver sois-mème et la tolérance de l’autre. Mais le plus important pour moi c’est d’avoir retrouvé ma sœur avec un changement radical d’attitude envers sa vie et les autres. Quel plaisir d’avoir retrouvé MA Ondine, celle qui sautait dans mes bras à 9 mois et qui est pleine de vie, d’amour et bien entendu avec son intelligence et sa maturité d’aujourd’hui. Seth, toujours fidèle à lui-même, nous a invité à son club de Jazz leJazz Standardou il est Directeur Artistique et nous avons passé une excellente soirée à écouter du jazz à la fois moderne mais pas cacophonique (désolé j’ai du mal avec certains « free » jazz).
Celia, ma quo-équipière pour la traversée est arrivée le 26 mars et Françoise à pris l’avion pour la France ne voulant pas faire la traversée de l’atlantique. On se marre bien avec Celia, une fois qu’elle a compris que j’aime vraiment Françoise et qu’elle ne risque rien avec moi.
J’ai revu Yamuna (Yamuna body logic sur le net) qui est toujours une femme incroyable, dédiée à son œuvre pour aider les autres à mieux vivre avec leur corps et on se retrouve à chaque fois avec plaisir. Dommage que je n’ai pu croiser sa fille, Yael , car j’aurais bien aimé la revoir. Par contre j’ai pu revoir Steven Schwartz que j’ai connu enfant, jeune adulte et que je revois avec sa femme à la cinquantaine … toujours le même enthousiasme pour la vie et j’ai l’impression que nous avons fait des chemins parallèle dans la vie, ce qui nous permet d’échanger, probablement un peu comme nos parents l’ont fait en leur temps.
Le départ se passe bien mais nous avons du gros temps. Première avarie c’est la drisse de l’enrouleur qui se rompt car le guide sur bastingage s’est cassé et coupé cette drisse toute neuve que je venais d’installer. Du coup elle est trop courte … j’ai heureusement un filin de dynéma suffisamment long pour la remplacer. Compliqué avec 25 nœuds de vents, les vagues qui passe par dessus le devant du bateau … je m’habille avec bottes, combinaison et manteau HPX et je passe une demie heure à me faire rincer alors que fixe un bout pour me permettre d’enrouler le génois. Je reste sec sauf pour l’eau qui en me coulant dans le cou me mouille un peu le T shirt. Une fois le génois enroulé, j’ai pu remplacer la drisse et re-déplier un tiers de Génois … mais le nouveau bout ne se bloque plus (trop petit et glissant) alors on bricole en bloquant sur un winch. A remplacer à HARTA !
Le lazzy bag, sac qui tient la voile sur le mat quand la voile est baissée, se déchire tout au long de la baume. Alors je l’enlève plutôt que de perdre les lattes et avoir ce truc qui claque au vent. J’ai l’impression de redevenir un singe alors que je travail sur un pont glissant, et secoué comme un âne. Evidemment le gilet de sauvetage avec ses deux attaches me sécurisent sur ces actions.
Ca fait 3 jours que nous sommes ballotés et qu’il faut s’accrocher partout. On se cogne et le champion de la renverse d’aliments ou boissons c’est moi ! Celia bravement nettoie le plancher de temps en temps pour éviter que cela devienne une patinoire. Le pire c’est qu’il y en a encore pour 3 jours avant de voir une éclaircie ! On fait bien 140 miles par jour, mais comme nous allons vers le sud cela ne nous rapproche que de 100 miles de notre destination. Enfin au bout de 6 jours nous avons une journée convenable et surtout nous sommes pointé vers notre destination .
Celia s’acclimate bien et est bien brave face à cette traversée très chaotique. Un peu frustrée que ce soit moi qui fasse la plupart des manœuvres, je lui dit de patienter et d’apprendre déjà en regardant. Puis petit à petit elle comprend et arrive à anticiper. Cela est d’une grande aide, ce qu’elle ne perçoit pas encore. Une nuit il y a eu de l’orage, chose qu’aucun marin n’aime depuis qu’il dépend de l’électronique, c’est ce qui a inquiété je pense le plus Celia.
Maintenant que l’on est sous la barre des tempêtes on continue quand même avec des vents erratiques et forts qui nous font prendre des ris et diminuer le génois. Heureusement que l’on a remplacé l’étais d’avant avant de partir. On a eu une journée de répit et tenté de pêcher mais sans succès … hélas les mers sont vides, il faudrait un moratorium de 10 ans pour que le poisson revienne … et encore. Beaucoup de méduses cependant ce qui indique là aussi qu’il n’y a pas de poissons prédateurs. Sur cette traversée on voit peu de sargasses, un tout petit peu au début mais rien de comparable aux ilots de plusieurs kilomètres lors de la traversée du Cap Vert en Avril dernier.
Une journée de pétole, alors je met le moteur pour découvrir qu’il y a une autre fuite d’huile.
Je remplace carrément la durite que j’avais déjà réparée une fois. Durite qui produit des fines pluie d’huile … heureusement j’avais acheté de la durite suite à la première fuite. Mais les aventure continuent ! Celia me dit que cela sent bizarre. Je regarde et vois un peu de fumée ? Ou juste quelque chose qui fume ? Jetant un coup d’oeil aux jauges moteur je vois que cela surchauffe et éteint tout de suite. Je rallume et vois que cela baisse, mais s’arrête à 100°. Je ré-éteint et cherche pour enfin trouver que la courroie n’est plus sur la pompe de refroidissement car le pignon de calage de la courroie a fondu et est bancale. Cette pièce sur roulement à bille ne sert qu’à positionner la courroie afin qu’elle adhère au générateur et à l’axe du moteur. Mon diagnostique est qu’un mécanicien a du lors d’une révision trop serrer cette courroie qui a engendré une surchauffe de cette pièce. Cependant elle est essentielle pour faire fonctionner le moteur en permettant son refroidissement. Nous sommes donc sans moteur ! Ce n’est pas les 700 miles qui restent qui m’inquiètent, en plus la météo annonce du vent, mais c’est l’arrivée au port de Harta. Sans moteur on ne peut même pas descendre l’ancre, sauf à la main. Je peut le faire tourner probablement 5 minutes mais pas plus avant qu’il ne chauffe.
Je démonte le cache et la pièce et vois qu’il y a un centre métallique. Je tente de refixer ce centre sur la poulie amochée en remplissant avec de l’époxy (toujours avoir de l’époxy avec soit!) et bien que ce ne soit pas totalement centré, possiblement suffisamment pour tenir quelques minutes. Soit cela casse en quelques secondes, soit cela tient quelques minutes, assez pour entrer au port ???
Le problème va être de disposer de cette pièce à Harta. Il est samedi du weekend avant le premier Mai qui est un pont jusqu’à Mercredi prochain … je tente de remuer ciel et terre, même Françoise semble en avoir mare des mes relances. C’était déjà le problème du weekend de pâques l’an passé quand j’ai eu le problème de la baume. Mais nous avançons vent grand largue (3/4 arrière) entre 7 et 9 nœuds avalant des miles comme jamais avant. On espère arriver avant une pétole annoncée mercredi soir ! Car sans moteur et sans vent on est coincé.
En me relisant je m’aperçois que je ne parle pas des heures tranquilles pendant lesquelles nous lisons, rêvassons, et en général « passons le temps ». Cela fait l’objet d’une discussion intéressante sur le peu d’intérêt et de valeur que la société et notre éducation donne a ce temps pourtant indispensable pour vivre, intégrer les expériences et penser. Penser, voilà une activité que l’on ne valorise pas à l’école. On me disait « tu regarde quoi ? » quand je regardais les arbres nus dans la cour de récréation, laissant mes pensées divaguer. Personne ne nous dis « prend le temps de penser ». Pourquoi on ne passerait pas une demie heure par jour à dire aux élèves, maintenant je vous propose de penser pendant une demie heure » ? Cela pourrait être très porteur de beaucoup d’apprentissages et finalement « apprendre à penser » n’es-ce pas le sujet principal de l’école ? On favorise le mouvement brownien des échanges électroniques du style « où t’es ? », les courriels qui servent de façon cachée à se couvrir et pouvoir dire « je te l’avais pourtant écrit » et les milliers de messages échangés dans les entreprises alors qu’il suffirait de traverser le couloir ... quand cela ne fait rien avancer sauf nos angoisses. Celia et moi parlons d’énormément de sujets variés de ce style dans des échanges réguliers qui deviennent rituels au fil de la traversée. Elle est dans l’âge où l’on sait assez pour savoir que l’on peu tout remettre en question et où l’on établit ses propres références. C’est passionnant et j’apprécie beaucoup ces échanges ouverts et francs
Toujours pas de poissons bien que l’on croise maintenant quelques petits bateaux de pêche indiquant je pense que nous entrons dans les eaux des Açores. Il est vrai que nous avançons à une telle allure que la pêche est moins accessible bien que plusieurs autres bateaux me disent qu’on peut pêcher sans problème jusqu’à 8 nœuds … moi je n’ai jamais rien attrapé au-delà de 4 nœuds.
On avale des livres de 1000 pages en quelques jours en se faisant bercer par les roulements des vagues. Je viens de relire « Centennial » histoire du Colorado romancée mais très bien écrite et documentée que je recommande à toute personne qui veut avoir un aperçu de l’histoire de cette région. Actuellement je lis « Les Caraïbes » de Michelet qui retrace l’histoire de cette région.

Voilà, nous sommes à 130 miles nautiques (MN) de Harta aux Açores avec un temps gris, du Mozart et des dauphins qui nous suivent venant nous voir de temps en temps. La vie à bord après le déjeuné d’une omelette salade (oui, le gaz est épuisé et nous utilisons le gaz de camping de Celia. Aux USA impossible d’obtenir ni adaptateurs ni recharge de nos bouteilles, alors j’ai acheté les embouts auxquels je pourrais ajouter des embouts européens et disposer non seulement d’une solution pour moi mais en avoir en surplus comme cadeau pour d’autres navigateurs. Apparemment personne n’a vu que c’était un créneau de marché à prendre, introuvable sur l’internet.

20 miles de Horta, tout d’un coup il n’y a plus que 4 puis 3 puis 2 nœuds de vent ! On est fixé sur place balloté par de petites vagues. J’ai beau tenter de tourner dans tous les sens, il n’y a pas de vent. On est là, comme un bouchon quand on voit au loin un voilier dans notre trace qui semble se diriger vers Horta. Il n’apparait pas sur l’AIS mais lentement devient de plus en plus grand. Une fois à porté de son, malgré mes gestes leur faisant signe auxquels ils n’ont pas répondu, ni à la VHF !, je fais sonner la trompe. Là ils se rapprochent et on leur explique notre problème. Alors ils nous prennent une ligne et nous tirent jusqu’à Horta. Manoeuvre très périlleuse initialement mais que j’arrive à maitriser … on se demande pourquoi le capitaine nous a fait pivoté sur nous même pour nous tirer et fixé le point de tire à sa gauche au lieu de le mettre au centre … mais je suis content de rentrer au port. Il accepte de me faire rentrer dans le port et lorsqu’il me lâche, j’arrive à glisser jusqu’à un quai sans avoir à mettre de moteur. Ce sont des allemands, équipiers payants ou non selon leur relation avec le capitaine, qui vont à Gibraltar. Je propose au capitaine d’inviter l’équipe à diner, mais il me dit qu’ils n’ont pas besoin de cela et qu’il préfère que je lui donne de l’argent. Quand je lui demande combien, il me demande 200€ (je trouve cela mesquin, surtout quand j’ai appris qu’il est multi millionnaire avec son bateau à 5 million d’Euros, mais c’est a peu près ce que j’aurais payé pour un diner.)
HORTA, petit village agréable avec un accueil chaleureux. J’y trouve des magasins et personnels compétents, même type qu’en Martinique. Ce sont des gens qui ont l’habitude de travailler avec des navigateurs qui naviguent pour de vrai. Au port, les autorités ayant appris que j’avais une panne moteur, m’envoi des gendarmes pour me faire dire qu’ils n’autoriseront pas mon départ sans avoir l’assurance que c’est réparé. Apparemment ils considèrent qu’ils sont responsables et en plus je pense qu’ils n’ont aucune envie d’avoir des bateaux qui partent puis appellent au secours une fois en mer. En plus je rencontre un couple qui réparent les voiles et dont on me dit grand bien, alors je leur confie le Lazy Bag qu’ils me réalisent pour 20 % de moins que les meilleurs prix sur l’internet. Sophia Borges et Louis Serpa sont charmant et je les invitent à diner après avoir installé le nouveau Lazy Bag qu’ils ont fait à mes spécifications sur la base de l’ancien modèle. Je pense qu’ils resteront des « amis » et que je les reverrais à un retour aux Açores.

On attend les pièces, tout est prèt pour repartir mais c’est la saison des journées fériées et des ponts. On nous promet les pièces Mardi, possiblement Mercredi mais surement Jeudi. En attendant nous visitons l’ile mais en avons vite fait le tour et le temps commence à être long. Heureusement on fraternise avec les voisins, partageons des repas et échangeons nos histoires. Hélène est arrivée et s’intègre a notre duo, c’est « la copine » donc pas difficile à intégrer.

Finalement Jeudi on m’annonce que la pièce ne sera là que Vendredi à 19hr car l’avion arrive vers les 17hrs … et qu’ils l’installeront dès son arrivée. Je suis très mécontent car Mercredi on m’avait assuré que la pièce était chez le transporteur et programmée pour l’avion du matin jeudi. Alors Vendredi je fais le tour afin de m’assurer que la pièce est réellement sur l’avion et je passe après avoir payé le port et fait les documents de sortie (passeport du bateau pour l’Europe pendant 18 mois) à la capitainerie maritime qui doit me permettre de partir ayant vérifié que la réparation était faite. Là j’apprend que le vendredi ils ferment à 16hr, donc personne pour faire la vérification et livrer le certificat. Je leur annonce que je pars de toute façon et ils me disent que s’ils apprennent cela, ils viennent me chercher, immobilisent le bateau et me mettent en prison. Cependant ils m’informent que si je paye 85 € pour le constat et 25€ pour l’encaissement hors horaire ils peuvent programmer cela pour 19hrs. Furieux je n’ai plus qu’à dire oui.
A 19hr en effet on vient installer la pièce et faire un test moteur, puis on attend une demie heure que le technicien de la capitainerie vienne vérifier, ce qu’ils font et prennent des photos à mettre dans leur rapport. Enfin je pars payer à la capitainerie, mais là les policiers m’informent que la personne préposé aux encaissements n’est pas là et qu’il faut l’attendre … 5 minutes. Ils sont charmant et s’excusent mais disent qu’ils ne peuvent prendre l’argent. Heureusement j’avais sortit des espèces car après 3 fois où l’on me demande d’attendre 5 minutes, une demie heure plus tard je leur dit que cela suffit, je paye pour le service et que je ne vais pas attendre plus longtemps. Le jour baisse et je veux partir avant la nuit. Alors je sors l’argent, le compte devant la police et gentiment ils me font le document de sortie requis pour mon départ. Tout ceci avec mille excuses, des policiers charmants mais une administration incompétente.
Je vais alors payer mes pièces et mes achats ayant au préalable parlé avec Duncan, le propriétaire, auquel j’ai dit que du à leur retard je devais payer 110€ à la police et 20€ à la capitainerie, frais que j’estimais ne pas être à moi de payer. Face à cet argument, il m’a dit « paye ce que tu estime être juste » ce que j’ai trouvé franchement très honnête et responsable. Je recommanderais à tous d’aller chez eux car s’ils ont la réputation d’être un peu plus cher (non prouvé) en tout cas travailler avec des gens compétents et qui respectent leurs engagements, c’est rare, à encourager et à faire savoir.
Nous partons enfin avec un bateau en bon état, sauf le chauffage qui est toujours en panne malgré qu’il reçoit correctement du fuel, mais le manuel technique ne parle pas du code panne que j’ai (à faire réparer par Beneteau).
Départ en direction du nord où un front se dessine et pour éviter une pétole annoncée dans deux jours sur notre route. Un peu frustrant car on ne fait que 80 % vers notre direction ou moins et pourtant on avance à 6 nœuds. Les prévisions cependant sont bonnes, voir excellente car pas de gros temps et un vent « honorable » pour tout le trajet hors une petite pétole vers l’arrivée … mais cela peut changer.
Après une journée d’adaptation, les filles ayant un petit mal de mer mais rien de grave, Hélène dors beaucoup et Celia n’est pas au mieux le premier jour, même moi je ressent un léger mal de crane, on s’adapte et la navigation est finalement TRES tranquille. Des journées qui démarrent avec du 140 miles jour et même parfois du 160 à 7 ou 8 nœuds de moyenne. Celia forme Hélène et je complète. Elle trouve que mes directives ne sont pas toujours claires et que mon ton est trop directif, voir préremptoire, on a même un jour une remarque que je fais suite à une erreur que Celia ne trouve pas « constructive », mais heureusement le dialogue est là et on s’aime bien ce qui permet de dépasser ces embrouilles passagères.
Hélène a déserté sa cabine pour dormir avec Celia. Elles sont chahutées lorsque l’on est au pré mais semblent faire avec … leur lit ressemble à un nid. Les partages de tâches se font bien et elles participent aux points de nuit et aux manœuvres. Celia a même assumé le rôle de capitaine une journée mais n’en a pas redemandé. Je tente de gérer le bateau pour arriver au plus vite sans pour autant se faire bousculer. A 4 jour de l’arrivée je pense que l’on pourra faire le parcours en 12 jours ce qui est très honorable. Depuis que nous avons passé la moitié du parcours Celia organise sa vie d’après et moi je me languit de Françoise qui semble un peu seule à la maison. On a des nouvelles par SMS et de temps en temps j’arrive même à téléphoner alors qu’au Caraïbes c’était inaudible.
Roscoff est maintenant proche, je suis impatient d’arriver en vue des côtes de Bretagne.

Sunday, April 15, 2018

New Rochelle – Connecticut, récit de Célia

Etant bloqués depuis 1 semaine à la marina de la New Rochelle avec Pascal, nous avons eu le temps de commencer à bien faire connaissance. Beaucoup de gens m’ont souvent posé la question suivante : « mais, tu penses que ça va le faire avec ce mec que tu ne connais pas ?! » ; et ma réponse a toujours été la même : « oui, le courant est bien passé au téléphone, et je le sens bien » , et ce « good feeling » a très vite été confirmé lorsque je l’ai rencontré avec sa femme à New York.
J’ai donc toute confiance pour notre 1ere navigation qui nous emmène vers la marina de Westbrook.
Les prévisions sont bonnes, nous avons laissé passer la tempête annoncée pour naviguer sous soi-disant 20-25 nœuds en début d’aprem, diminuant en cours de soirée.
Le départ se fait (enfin!), nous sortons tranquillement de notre marina, montons la GV, puis la trinquette (petite voile avant) avec vent arrière de 15 nœuds. C’est une découverte pour moi, j’ai très peu d’expérience en navigation et suis là pour tout apprendre. Pilote auto en route, Pascal en profite pour effectuer une réparation à l’intérieur. C’est bien évidemment à ce moment-là que le pilote auto décide de décrocher (il n’est plus capable de maintenir son cap et ne sait donc pas quoi faire).
J’observe, tranquillement, Pascal, manoeuvrer pour nous remettre dans le bon sens, j’apprends à ressentir ce bateau que je ne connais pas et dont je peux seulement dire, à ce moment là, qu’il est stable. Je mentirai si je disais que je n’ai pas d’appréhension, c’est toujours impressionnant de giter et voir la mer à 45 degrés sur un voilier de 45 pieds. Je reprends confiance, le pilote nous lâche 2 ou 3 fois mais je commence à me sentir à l’aise, ; malgré un vent forçant vers 20 nœuds.
D’un coup, tout arrive en même temps : rafale à 40 nœuds, chariot du rail qui s’arrache du rail (ce qui ne devrait pas arriver !!), en conséquence écoute de trinquette totalement au vent, qui nous fait des rafales jusqu’à 35 nœuds, Pascal tentant de récupérer l’écoute de trinquette qui s’est défaite du winch. Je tente de l’aider du mieux que je peux, c’est là que je peux ressentir toute la puissance du vent dans ce morceau de corde que je tente de maitriser pour le remettre sur le winch. De toute manière cela ne sert à rien, il ne tient pas dessus. Pascal tente de maintenir le cap au moteur, qui se décide lui aussi à tomber en panne… Que dire ? Le stress commence à monter chez moi, paniquer ne changerait rien, alors j’espère juste qu’il trouvera la panne pour se remettre sur le bon cap… Ce n’est pas gagné, mais il semblerait que j’ai décidé de naviguer avec la bonne personne ; il remet tout d’aplomb et décide d’affaler la GV (vent trop puissant pour permettre de naviguer avec) afin de continuer au moteur. Une fois le moteur en route, tout devient plus simple et nous sommes juste secoués par la houle et un peu le vent. Nous apprendrons le lendemain à la marina que le vent est monté jusque 45 nœuds.
Je fais ma 1ère navigation de nuit, en surveillance d’instrument pendant que Pascal fait une petite sieste. Puis il prend le relai et nous arrivons vers 3h du mat à proximité de notre destination et descendons l’encre pour finir la nuit et arriver tranquillement le lendemain midi à la marina.
Ce baptême, bien que secoué, me permet d’apprendre à ressentir le bateau et en découvrir sa stabilité dans la « tempête », et de connaître le capitaine en situation de difficulté (de mon point de vue), je suis donc confiante pour traverser l’Atlantique, ce qui est important pour nous 2.
Egalement, même si prenons du retard (départ prévu 26 mars), et à certains moment rongeons notre frein, ces évènements sont tous liés ; le changement de la GV nous permet de voir les torons du câble de génois cassés, le retard de la réparation de l’auto pilote nous faisant traverser une journée plus ventée que prévu, permet de réparer facilement et non pas en pleine mer certaines pièces défectueuses (écoute) et d’effectuer un départ totalement serein.
Là nous avons enfin donné un sérieux coup de nettoyage à l’extérieur du bateau qui était plein de sels. Les vagues ont déchiré le sac du Spi attaché sur le pont et ont l'a perdu. Je remarque une sangle qui reste qui semble elle déchiré aussi, un résultat du chariot cassé?

Il faut savoir prendre son mal en patience, ce qui devrait nous permettre de pleinement profiter de la traversée jusqu’au Azores puis en France !
Pour ma part, je m’estime heureuse et très chanceuse d’être tombée sur une personne aussi ouverte d’esprit pour embarquer une inconnue inexpérimentée, et lui laisser la possibilité d’apprendre à réaliser un de ses rêves : naviguer.

New Rochelle - Connecticut, story of Célia

Being stuck for 1 week at the marina of New Rochelle with Pascal, we had time to get to know each other. Many people have often asked me the following question: "But, do you think it will do with this guy you do not know ?! »; and my answer has always been the same: "yes, the feeling is good over the phone, and it feels good", and this "good feeling" was quickly confirmed when I met with his companion in New York .
So I have all confidence for our first navigation that takes us to the Westbrook Marina.
The forecasts are good, we let the announced storm to sail under so-called 20-25 knots early aprem, decreasing during the evening.
The departure is done (finally!), We leave quietly of our marina, assemble the GV, then the staysail (small forward sail) with tailwind of 15 knots. This is a discovery for me, I have very little experience in navigation and am here to learn everything. Auto driver en route, Pascal takes the opportunity to make a repair inside. It is obviously at this point that the driver decides to pick up (he is no longer able to maintain his course and therefore does not know what to do).
I observe, calmly, Pascal, maneuver to put us in the right direction, I learn to feel this boat that I do not know and which I can only say, at that moment, that it is stable. I will lie if I say that I have no apprehension, it is always impressive to lie and see the sea at 45 degrees on a sailboat 45 feet. I regain confidence, the driver lets us go 2 or 3 times but I start to feel comfortable,; despite a wind force up to 20 knots.
Suddenly, everything arrives at the same time: gusting to 40 knots, the rail chariot that pulls off the rail (which should not happen!), Therefore we put totally into the wind, which gusts us up at 40 knots, Pascal trying to get hold of the staysail which broke the rail chariot. I try to help him as best I can, that's where I can feel all the power of the wind in this piece of rope that I try to control to put it back on a winch. Anyway it is useless, I cannot fix it on it. Pascal tries to stay on course with the engine, which also decides to break down ... What to say? Stress starts to rise at home, panic would not change anything, so I just hope he'll find the fault to get back on track ... It's not a sure thing, but it seems like I decided to navigate with the right person ; he puts everything right and decides to lower the GV (wind too powerful to navigate with) to continue with the engine. Once the engine is running, everything becomes easier and we are just shaken by the swell and the wind. We will learn the next day at the marina that the wind had risen to 45 knots.
I'm doing my first night navigation, instrument monitoring while Pascal takes a nap. Then he takes the relay and we arrive around 3 am near our destination and downed the anchor to finish the night's sleep and enter quietly the next noon at high tide at the marina.
This baptism, although I am shaken, allows me to learn to feel the boat and discover its stability in the "storm", and to know the captain in difficulty (from my point of view), so I am confident to cross the Atlantic, which is important for us 2.
Also, even if we are falling behind (planned departure on March 26th), and at some point in the making, these events are all linked; the change of the GV allows us to see the cable with 4 strands broken for the genoa, with the delay of the repair of the autopilot making us go through a day windier than expected, it can easily be repaired and not in the open sea! repairing some defective parts makes for a completely serene departure.
The waves we suffered tore off our Spi, which was well attached on deck. But the sun had seriously weakened the canvas of the bag and it tore and the sail disappeared. We had no indication of this loss, which must have taken place in the night, I just noticed the torn bag dangling overboard in the morning and a strap torn which could be the effect of the flying chariot.
 We must know how to have patience, which should allow us to fully enjoy the crossing to Azores and France!
For my part, I feel very happy and fortunate to have fallen on such an open-minded person to take on an inexperienced stranger, and to give her the opportunity to learn how to realize one of her dreams: to sail.


Friday, March 30, 2018

MARCH 2018

See English version below French

Charleston to New York
Assis, calé contre la banquette du carré, l’ordinateur sur les genoux, nous sommes en plein sport car la gite est de 15°, les coups de vents montent à 27 nœuds et nous sommes au pré (vent de face). Petite consolation, le vent vient de la terre, nous sommes à 25 miles des côtes, donc la mer n’a pas le temps de développer de trop gros creux. Revers de la médaille, la mer est hachée car les fonds sont peu profonds et le vent virevolte de 50°, parfois à 325° et d’autres à 000° soit entre nord ouest et plein Nord. Françoise est réfugiée dans la cabine, allongée à regarder la mer qui couvre régulièrement le hublot, et m’annonce que nous allons vers des nuages bien gris.
Cela fait 2 jours que nous avons quitté la marina d’un grand hôtel face à Charleston. 
Non seulement nous voulions voir cette ancienne ville très pittoresque que vous découvrirez par les photos de Françoise, mais en quittant Miami, j’ai découvert que la carte de la région nord de la Floride que je venais d’acheter ne donnait aucun détail pour entrer dans les ports et s’arrêtait de donner des informations à 20 miles de la côte. Très gênant pour naviguer car c’est sur la côte que tous les dangers sont à éviter. Je dois dire que les cartes sont remarquables et l’on peut naviguer rien qu’à l’écran si besoin car avec le GPS et ces cartes, on a une précision de quelques mètres, au moins dans les endroits où nous avons navigué. Je reste cependant toujours très suspicieux car je me dis qu’un jour je rencontrerai un endroit où la carte manque de précision.
Dès notre arrivée, nous avons rencontré Dany, un pêcheur du New-Foundland qui a acheté un ancien bateau de pêcheur reconvertit en Yacht qu’il retape depuis janvier pour le remonter chez lui. Il pense l’utiliser un an ou deux en loisir et le revendre comme bateau de pêche en proposant de faire les reconversions pour l’acheteur. Consommation fuel estimée à une trentaine de litres à l’heure pour ce bateau de 15 mètres et 32 tonnes ! Bonnes discussions sur la pêche et le coeur sur la main. Il nous a emmené faire changer la carte de navigation, obtenir quelques outils et faire des courses. On a pu ainsi avoir une soirée pour visiter Charleston et se faire un diner à l’Oyster Bar, ou nous avons gouté aux huitres du coin, petites mais bonnes.
On voulait partir Lundi car la marina coute plus de $100 par jour, mais le vent soufflait à 19 nœuds dans le port protégé. J’ai pu négocier avec le capitaine du port que je parte dès que le temps le permettait sans payer plus et nous sommes donc partit à 3 heures du matin à marée haute avec un vent de 9 nœuds. Manoeuvrer dans le noir dans un port est un sport que je n’aime pas, mais heureusement le bateau était en bout de ponton et j’ai pu sortir sans encombre malgré que j’ai découvert que mon propulseur avant de nouveau ne fonctionne pas. Soit c’est la carte de la télécommande de nouveau (déjà changée il y a 3 mois) soit il y a un fusible que je n’ai pas encore trouvé sur le boitier extérieur de la télécommande … je cherche car la documentation Beneteau est lamentable.
Normalement quand on navigue avec plus de 10 nœuds de vent au large je met le pilote pour qu’il suive le vent et garde un œil en cas de décalage trop important sur notre objectif d’arrivée. MAIS là je viens de tenter la navigation au vent et les décalage du vent sont trop important ; le pilote automatique ne sait plus où il habite et travail trop. Donc on navigue au cap et on surveille afin que les voiles restent adaptées aux changements du vent, ce qui nous permet d’ignorer les changements qui durent que quelques secondes ou minutes.
Les aventures continuent ! Le génois vient de se déchirer le long de la bordure anti-UV que j’avais fait réparer en Martinique avant l’été. Je pense que la voile est maintenant TRES fatiguée et donc qu’il faut que je pense à la remplacer. Entre les 2 années où elle a surement du être abusée et les 8000 miles que nous avons déjà parcourus, je suis bon pour une voile neuve. J’achèterais une voile de voyage et non pas une voile de compétition, il faudra que je me renseigne.
Françoise me dit que cela sent le brulé, une odeur acre et nauséabonde qui me remonte un goût étrange dans la bouche et un mal de crâne. Après multiples explorations, en retraçant le conduit du chauffage, je m’aperçoit que la gaine fume … cela se répand dans tout le bateau via les passages de conduits ! ON COUPE LE CHAUFFAGE car la gaine même dégagée se remet à fumer quand on rallume. Je suis furieux contre Benneteau une fois de plus, car les aménagements intérieur des équipements permet ce genre de « conneries ». Il faudra qu’en France je cloisonne les équipements afin que ce que l’on met dans la cale ne puisse pas toucher, endommager, déranger … les équipements de navigation. CECI EST INADMISSIBLE de la part de Benneteau dans la conception. De plus les espaces de rangements sous les couchettes sont eux aussi inutilisables tel qu’installés, car les croisements de bois pour soutenir les lits fait que les entrées sont toutes petites et biscornues. Il suffira de changer ces renforts avec des renforts amovibles pour régler le problème, mais franchement, pour un bateau qui est vendu 250K€ nu (budget 300k€ minimum neuf!) on pourrait s’attendre à mieux !
Nous allions voir les Outer-Banks, mais vu la déchirure du génois (à remplacer avec le génois neuf que j’ai en cale) et la panne de chauffage qui requiert que je change probablement la gaine, nous irons à Norfolk où l’on me dit qu’il y a des compétences Benneteau et des professionnels des divers équipements à bord. C’est l’entrée de la baie de Chesapeake, historiquement le berceau de la voile aux USA. Nous mettrons le bateau en état de faire la traversée car à NYC ce sera bien plus difficile d’accéder à des professionnels de la voile et magasins d’accastillage si besoin. Nous ne serons plus qu’à 275 miles nautiques de NYC, soit 3 jours de navigation, j’espère arriver vers le 20 pour pouvoir profiter un peu de NYC et voir quelques amis … si disponibles !
Françoise me demande si la ligne est prise, je regarde et pour la deuxième journée de suite nous avons un thon, 3-4 kilos, petit mais superbe et juste la bonne taille pour nous. Ce midi le poisson sera frais ! Hier nous l’avons mangé mariné cru, aujourd’hui c’est une recette au four de la région de Caliure … oui, vous pouvez le dire, nous sommes malheureux. Le petit Ménitou bien frappé est délicieux en apéro et avec notre plat. On est Français quand même !

Norfolk – New York
Si vous regardez sur la carte ce n’est pas bien loin, mais en navigation par 25 nœuds de vent et parfois des rafales à 30-35, on ne reste pas sur le pont à se geler et on navigue par instruments de l’intérieur, le temps paraît long. En arrivant, en voulant plier la Grand Voile, elle se déchire sur un pan, il faudra que je la remplace pour la traversée. Ces voiles ont maintenant plus de 15 000 miles nautiques et selon mes questions aux divers experts, il semble qu’il est « normal » qu’il faille les remplacer. Heureusement j’ai un jeu de voiles neuves, celles d’origine du bateau que j’ai mis dans les soutes. Mais en voulant remplacer la Grand Voile je m’aperçois que QuoVadis a installé un rail spécial pour la voile North Sails qu’il faut que j’enlève pour que je puisse glisser la voile dans le rail prévu dans le mat. Gros travail que je fais suspendu avec des vis qui parfois sont soudée au rail et qu’il faut percer pour enlever. Heureusement, Celia vient d’arriver et elle a la pêche pour m’aider et partage bien le travail. Une fois le rail enlevé on s’aperçoit que cette voile neuve a des lattes que QuoVadis a oublié de me donner, seuls les lattes intermédiaires sont là mais il faudra que je me procure plusieurs lattes ou naviguer sans … pas bon pour la voile.
En attendant le pilote s’est remis à fuir malgré le bloc que j’ai mis en place pour fixer la structure. Je m’aperçoit aussi que l’arche qui tient la baume montre des signes de stress dans le gel coat et tout un ensemble de problèmes, plus particulièrement l’étais de mat qui a trois torons cassés. Je m’arrête donc chez un représentant Beneteau sur demande de Beneteau pour faire réparer ce qui est urgent pour la traversée et obtient l’accord de Beneteau pour qu’ils règlent les problèmes dans un chantier en France, apparemment à Cherbourg.
Nous avons donc remonté la East River et par chance le courant de la marée montante nous a ajouté jusqu’à plus de 2 nœuds, on est donc arrivé bien plus vite que prévu et à l’arrivée, Philippe un travailleur de la marina était encore là pour nous aider à accoster. Première navigation de Celia qui est ravie mais à compris la nécessité de bien se couvrir, il faisait TRES froid. On a pris un pot avec René qui gère la Hudson Point Marina (prix $200/jr!) avant de partir , un homme impressionnant et très gentil qui a un projet de construction sur l’eau d’un immense complexe qui utiliserait le flux d’eau de la rivière pour fournir l’énergie utilisée par les bâtiments. Très beau projet qui j’espère verra le jour.

Celia
Celia a répondu à mon annonce que j’avais besoin d’un équipier(e) pour une traversée de l’atlantique en Avril. Nous avons communiqué par téléphone et son profil de 28 ans, sportive, technicienne en aérodynamique etc m’ont bien plut. Arrivée avec son sac à dos, Françoise et moi l’avons accueillie et le contact a confirmé ma bonne impression. Françoise à donc pris son avion pour la France et je me retrouve avec Celia à organiser le bateau pour la traversée.
J’ai par exemple 200 litres de fuel en bidons pour compléter les 200 litres du réservoir … par sécurité car je ne pense pas les utiliser. Mais avec le froid qui fait que le chauffage consomme du fuel, la possibilité d’avoir besoin de sortir de situations de « pétole (pas de vent) » etc, il est prudent d’avoir une bonne réserve. Ici le fuel est à 60centimes d’euros le litre, j’ai donc acheté des bidons spécialisés fuel et très pratiques que je met sous le ban lors de la navigation. Après la Grand Voile il faut fixer l’annexe sur le pont en mettant les anciennes voiles en dessous. Je les ramène car je veux l’avis d’un voilier avant de les dé-commissionner définitivement et, si c’est le cas, je pense que je les utiliserais pour créer des espaces couverts à Fort Mahon ou Braie.

La CASTAWAYS Marina est située dans un bras d’eau très calme et associée à un chantier qui semble bien tourner avec 99 % de bateaux à moteur. Ici aux USA je pense que les gens ont peu de temps de loisirs et donc favorisent les bateaux à moteur qui permettent d’aller vite où on veut et en revenir à des heures précises. Mais franchement ce n’est pas une vision de la vie que j’envie. Joe est très avenant et son patron Billy un homme d’affaire très avertit. Les travaux trainent car la communication entre Beneteau et Billy, le patron de Castaways est floue et Billy ne veut surtout pas faire autre chose que répondre présent à Beneteau pour faire ce que Beneteau lui dit de faire. Je tente de faire comprendre ici la mentalité Française du flou et garder tous les acteurs bien conscients de l’importance de faire avancer les choses pour que je puisse partir au plus vite. Celia et moi nous rongeons le frein !

En attendant il fait froid ! Le temps est maussade et pluvieux parfois avec des pluies un peu verglacées qui rendent le ponton dangereux. On bosse pour tout préparer au plus vite. Ce Bimini sera remplacé avec ma construction d’un cockpit enfermé sur lequel je travail les plans depuis 3 mois maintenant.

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Charleston to New York
Sitting, leaning against the seat down below deck, the computer on the knees, we are doing sport activity because the lean is 15 °, the gusts of wind are up to 27 knots and we are headwind. Small consolation, the wind comes from the land, we are 25 miles from the coast, so the sea does not have time to develop too big swells. On the other side of the coin, the sea is choppy because the depths are shallow and the wind twirls by 50 °, sometimes at 325 ° and others at 000 ° between north and west. Francoise has taken refuge in the cabin, lying staring at the sea which regularly covers the porthole, and announcing that we are going towards gray clouds.
It's been 2 days since we left the marina of a big hotel facing Charleston. There we finally gave a serious cleaning to the outside of the boat which was full of salt.
Not only did we want to see Charleston’s very picturesque old town that you will discover through Françoise's photos, but when I left Miami, I discovered that the map of the North Florida area that I had just bought did not give any details to enter in the harbors and stopped giving information to 20 miles from the coast. Very inconvenient to navigate because it is on the coasts that all dangers are to be avoided. So we went to the local major marine supplier, West Marine, and they graciously replaced the chip. I must say that the maps are remarkable and you can navigate on the screen if necessary because with the GPS and these maps, we have a precision of a few meters, at least in the places where we sailed. However, I remain very suspicious because I tell myself that one day I will meet a place where the map lacks precision.
As soon as we arrived, we met Dany, a fisherman from New-Foundland who bought an old fishing boat converted back into a yacht that he has been recovering since January to take it home. He thinks to use it a year or two in leisure and resell it as a fishing boat by proposing to make it’s reconversion into a fishing boat for the buyer. Fuel consumption is estimated at 30 liters per hour for this boat of 15 meters and 32 tons! Good discussions on fishing and he has his heart on his hand. He took us to change the navigation map, get some tools and go shopping. We were able to have an evening to visit Charleston and have a dinner at the Oyster Bar, where we tasted the oysters of the area, small but good.
We wanted to leave Monday because the marina costs more than $ 100 a day, but the wind was blowing at 19 knots in the protected harbor. I was able to negotiate with the harbor master that I leave as soon as the weather allowed without paying more and so we left at 3 am at high tide with a 9 knot wind. Maneuvering in the dark in a harbor is a sport that I do not like, but fortunately the boat was at the end of the pontoon and I was able to get out safely despite discovering that my bow thruster was not working again. Either it's the card of the remote control again (already changed 3 months ago) or there is a fuse that I have not yet found on the outer case of the remote ... I'm looking for the documentation as Beneteau’s is dismal .
Normally when sailing with more than 10 knots of wind I put the pilot to follow the wind and keep an eye in case of too much shift on our goal of arrival. BUT when I try to sail in the wind, the offsets of the wind were too important; the autopilot does not know where he lives and work too much. So we sailed on a fixed course and watched to insure the sails remained adapted to the changes of the wind. This allowed us to ignore changes in the wind direction that last only a few seconds or minutes.
The adventures continue! The genoa has just torn along the UV rim that I had repaired in Martinique before the summer. I think that the sail is now very tired and so I have to think about replacing it. Between the 2 years of renting the boat when she was probably abused and the 8000 miles we have already traveled, I am good for a new set of sails. I will buy the kind for sailing and not those for sailing competition .. I must research this.
Francoise tells me that it smells like burning, an acrid and nauseating odor that brings me back a strange taste in the mouth and a headache. After multiple explorations, retracing the duct heating, I realize that the protective heat sheath smokes ... it spreads throughout the boat via duct passages!  I CUT THE HEATING because the sheath even pulled from the duct will start to smoke when you turn it on again. I am furious with Benneteau once again, because the interior fittings of the equipment allows this kind of "bullshit". It will be necessary in France that I compartmentalize the equipment spaced so that what one puts in the hold can not touch, damage, disturb ... the equipment of navigation. THIS IS NOT PERMISSIBLE on Benneteau's part in the design. In addition, the storage spaces under the berths are unusable as installed, because the wood crossings to support the beds makes the entries areas very small and quirky. I’ll just change these reinforcements with removable reinforcements to solve the problem, but frankly, for a boat that is sold 250K € bare (budget 300k € minimum for most people) We could expect better!
We were going to see the Outer-Banks, but given the tear of the genoa (to replace with the new genoa that I have in the hold) and the heating failure that requires that I probably change the sheath, we will go to Norfolk where they tell me that there are Benneteau skills and professionals of various equipments on board. This is the entrance to Chesapeake Bay, historically the cradle of sailing in the USA. We will put the boat in the condition to make the crossing because in NYC it will be much more difficult to reach sailing professionals and shops if needed. We will be only 275 nautical miles from NYC, 3 days sailing, I hope to arrive around the 20th to enjoy NYC and see some friends ... if available!
Francoise asks me if the fishing line is taken, I look and for the second day in a row we have a nice tuna, 3-4 kilos, small but beautiful and just the right size for us. This afternoon the fish will be fresh! Yesterday we ate it aw marinated, today it's a baked recipe from the Caliure region ... yes, you can say, we're unhappy. The well-chilled  Ménitou wine is delicious as an aperitif and with our dish. We are French remember!

Norfolk - New York
If you look on the map it is not very far, but navigating by 25 knots of wind and sometimes gusts to 30-35, we avoid the bridge where we freeze and we navigate by instruments from the inside, time seems long. Arriving, trying to fold the Main Sail, she tears on a side, I will have to replace it for the crossing. These sails now have more than 15,000 nautical miles and according to my questions to the various experts, it seems that it is "normal" that they need to be replaced. Fortunately I have a set of new sails, those originally sold with the boat that I put in the holds. But trying to install the new Main Sail, I realized that QuoVadis had installed a special rail for the North Sails sail they had installed, I must remove this so that I can slide the sail in the rail slot on the mast. Hard work that I do hanging in a hung seat going up the mast with screws that are sometimes welded to the rail that you have to drill to remove. Fortunately, Celia has just arrived and she is eager to help me and share the job well. Once the rail removed we realized that this new sail has battens that QuoVadis forgot to give me, only the intermediate battens are here but I will have to get several battens or sail without ... not good for the sail.
In the meantime, the pilot started to leak despite the block I put in place to fix the structure. I also see that the arch that holds the balm shows signs of stress in the gel coat and a whole set of other problems, particularly the front halliard that has three broken strands. So I agreed to stop at a shipyard representating Beneteau at their request to repair what is urgent for the crossing and Beneteau agreed to solve the other problems in a shipyard in France, apparently in Cherbourg.
We went up the East River alongside NewYork and by chance the current of the rising tide pushed us forward more than 2 knots, so we arrived much faster than expected. On arrival, Philippe a marina worker was still there to help us dock. First navigation of Celia who is delighted but understood the need to cover herself well, it was VERY cold. We took a drink with Rene who manages the Hudson Point Marina (price $ 200 / day!), An impressive and very kind man who has a construction project on the water of a huge complex that would use the water flow of the river to provide the energy used by the buildings. Very nice project that I hope will see the day.
Celia
Celia replied to the announcement that I needed a crew member for an Atlantic crossing in April. We communicated by phone and her profile of 28 years, sports, aerodynamic technician etc. pleased me. Arriving with her backpack, Françoise and I welcomed her and the first contact confirmed my good impressions on the phone. Francoise has now taken her plane to France and I find myself with Celia to organize the boat for the crossing.
I have for example 200 liters of fuel in cans to complete the 200 liters tank ... for safety because I do not expect to use them. But with the cold that makes the heating system consume fuel, the possibility of needing to get out of situations of "slack wind (or no wind)" etc., it is prudent to have a good reserve. Here the fuel is 60 cents per liter, so I bought specialized fuel recipients that I put under the rear bench during navigation. L install the old sails under the Dinghy on deck.  I bring them back because I want the advice of a sail maker before definitively decommissioning them and, if so, I think I will use them to create covered spaces at Fort Mahon or Braie (Françoise’s house in the swamps).
The CASTAWAYS Marina is located in a very calm waterway and associated with a shipyard site that seems to be running well with 99% of motor boats. Here in the USA I think that people have little leisure time and therefore favor motor boats that allow you to go where you want to go and come back at specific times. But frankly it's not a vision of life that I envy. Joe is very friendly and his boss Billy, a businessman very weary. The scheduling of the work drags on because the communication between Beneteau and Billy, the boss of Castaways is blurry and Billy does not want to do anything other than meet Beneteau specific requests. I try to make clear here the cultural differences in expressing themselves, French mentality of approximation, the US mentality of exactitude and try to keep all the actors well aware of the importance of making things progress so that I can leave as soon as possible. Celia and I are anxious to leave!
In the meantime it's cold! The weather is gloomy and rainy sometimes with some icy rains that make the pontoon dangerous. We work hard to prepare everything as quickly as possible, including the tear of the protective glass on the awning, which lets the icy wind pass. This Bimini will be replaced by my planned construction of an enclosed cockpit which I have been designing for the last 3 months will replace this. This will allow us to sail in any weather and cold areas both north and south.











Thursday, March 8, 2018

Solitaire
Je suis partit d’Isla Mueres seul pour aller à Miami. Première fois que je prend le bateau seul. Françoise reste à Cancun une semaine pour me rejoindre à Miami car l’immigration US est incohérente. Il faudrait qu’elle paye $585 si elle arrivait avec moi alors que par avion son ESTA (permis d’entrer aux USA) est encore valide depuis 2016, notre voyage à San Francisco.
Cela je pense nous fera du bien à tous les deux. Françoise retrouvant son autonomie et moi devant faire face à la navigation, mon temps seul et la gestion du quotidien.
En sortant de la passe j’ai 20 nœuds de vent, alors je prend un ris, manœuvre qui se passe très bien en mettant le bateau face au vent et en prenant le ris tout en lâchant la drisse de grand voile. Le second ris s’étant pris dans une latte, j’ai du la relâcher puis avec la gaffe la libérer avant de la reprendre. En tendant légèrement le second ris, je soulage le premier et donne une meilleure forme à la grand voile. Je reprend ma navigation avec 6 à 7 nœuds … et bien plus confortable.
Soirée tranquille avec un film et un repas de grignotes car je n’ai pas vraiment faim. Beaucoup d’alarmes bateaux dans la nuit mais aucun posant des risques, il y a juste un trafic dense dans cette passe entre Cuba et la pointe de Cancun, passage obligé pour tous les bateaux ravitaillant la côte Sud des USA ou venant de l’atlantique pour l’Amérique centrale.
Le vent est trop au nord ce qui m’oblige à m’écarter de 20 à 30° de la route idéale. Mais les grib montrent que le vent va tourner et en allant au nord j’évite le calme plat de la pointe de Cuba. Donc je patiente et m’envole vers les US sachant qu’il faudra probablement que je vire de bord pour me repositionner à l’est afin de pouvoir atteindre Miami.
Mes batteries ne tiennent plus vraiment la charge et il me faut mettre le groupe électrogène deux fois par jour pour maintenir un niveau « acceptable ». J’en veut vraiment à celui qui m’a installé ces batteries qui devaient n’être changées que dans 5 ans, mais il les a bousillés en ne respectant pas des règles fondamentales telles que n’associer que des batteries de même puissance. Je vais les remplacer en France, augmenter les capacités et les recycler sur Braie ou le système solaire servira d’énergie et permettra de pomper de l’eau.
Je retourne en France pour faire des modifications au bateau et une maintenance annuelle très complète. Le projet est de fermer le cockpit avec un système de panneaux qui se glissent dans le toit quand on veut laisser ouvert. En 2 ou 3 sections sur roulettes, la partie basse peut être déconnectée pour servir de garde ou être escamotée et des filins mis en guise de garde. Le devant est lui aussi en matières solides et verre incassable avec la possibilité de lever le panneau avant. Enfin je pourrais voir clairement à travers lors des manœuvres. Les 3 arches qui reprendront l’arche existante mais aux bord du bateau seront maquillées de fibres de verre afin de créer une continuité avec le style du bateau. L’ancrage de ces arches sera aux points de fixation des mains courantes actuelles, donc pas de modifications structurelles bateau. A l’arrière deux demis arches permettront à la fois de servir pour hisser et fixer le canot, mais aussi pour le panneau arrière qui sera de la largeur de l’ouverture actuelle. Les « coins » arrière seront des panneaux vitrés fixe mais ouvrables. Le toit formé de barres en L permettra de fixer les panneaux solaires (8 à 12) soit 2 à 3 fois la puissance actuelle. Ceci organisé pour que l’on puisse monter sur le toit afin d’accéder à l’arrière de la baume ce qui est difficile actuellement.
L’autre modification concerne les gardes rails que je souhaite remplacer avec des barres fixes permettant une meilleure sécurité et de pouvoir fixer des éléments sur le coté. Selon les panneaux solaires il est possible que je complète avec 4 autres panneaux sur ces bords. L’autre possibilité est d’avoir un système qui permet de générer de l’électricité soit par le vent, soit par la mer en basculant un bras qui pourrait s’attacher à l’arrière … à étudier. Il faut que je génère suffisamment d’énergie pour qu’en situation normale je n’ai pas à mettre le groupe électrogène en route.
Dernière modification, voir si c’est possible d’installer un congélateur car si les 3 frigos sont largement suffisants, ne pas pouvoir garder du congeler à -18° ou congeler notre pêche nous limite dans le style de voyage que nous entreprenons.
Faire tout cela en plus d’un nettoyage complet du bateau, une maintenance poussée des composants, refaire l’anti-fouling et réparer les petits « pets » sur le gel coat … il va falloir ne pas chômer.
Le vent vire au 100, si cela se maintient, ma trajectoire se révisera et je gagnerais au moins une journée de navigation. En tout cas, pour l’instant rien à faire sauf laisser le bateau continuer son chemin à environs 5 nœuds de moyenne soit 120 Miles nautiques par jour. Si en ligne droite j’ai 455 miles à faire, je pense que j’en ferais au moins 500 voir 550 pour arriver à Miami.
Naviguer c’est observer tout en détail. Je note que le hauban intérieur à bâbord est un peu lâche, il faudra que je lui donne un tour à Miami. Celui en face doit être dans la même condition, on le saura par la tension ressentie, comme une corde de guitare, il faut que cela « sonne »  juste.
Je suis étonné des variations de vitesse que l’on peut avoir alors que le vent est de même force et les voiles réglées à l’identique puisque je navigue au vent à 42° du vent. Cela va de 3,5 nœuds à 7 nœuds sans que je puisse identifier les facteurs de ces variations, hormis l’état de la mer qui justifie beaucoup sur ces écarts.
Belle journée hier sans histoire mais dans la nuit l’auto-pilote ne tiens plus. Cela fait un moment que je l’entends de ma cabine travailler trop, mais je l’ai vérifié il y a 15 jours et tout semblait normal et pas de fuite. Alors à 4 heures du matin après plusieurs essais pour voir si je peux faire tenir en réglant les voiles, je prend la lampe torche et me faufile dans la cale. Heureusement je suis « petit » mais c’est vraiment pas commode. Le témoin du réservoir hydraulique est vide et en tâtant au fond je m’aperçoit que de nouveau, comme lors de la traversée de l’atlantique, l’embout du piston hydraulique est dévissé et fuit. Je le resserre à la main et en utilisant une vis dans le trou de cale qui permet d’avoir de la force pour visser je découvre que je peux lui faire faire un tour de plus. Je rempli le réservoir et ferme bien le bouchon. L’auto-pilote reprend son travail sans accros et je peux enfin me remettre au lit ! Pas fier le mec ! Je suis content de moi d’avoir réparé en pleine mer et su diagnostiquer correctement la panne. C’est un point de plus à vérifier tous les mois … à mettre sur une liste.
Ce matin musique et multiples petits travaux d’entretiens. J’ai changé le drapeau US car il ne restait que quelques lambeaux, les étoiles avaient des trous et des 13 lignes rouge et blanches représentant les 13 états fondateurs des USA, il n’en restait que 10. Je ne pouvais entrer aux US avec un tel drapeau. Puis j’ai remis 26 litres de fuel, non pas qu’il en manquait mais à la gite le groupe électrogène n’arrive plus à tirer du fuel si le réservoir n’est pas plein … un problème d’installation qu’il faudra que je fixe, probablement juste en ajustant le tuyau de prise de fuel dans le réservoir (encore un exemple qui montre que les chantiers qui ne travaillent pas pour des vrais navigateurs font un peu n’importe quoi, même s’il respectent les préconisations Beneteau. Cela manque « d’intelligence de la mer »). J’ai aussi inversé l’écoute de Génois bâbord car elle s’était dénudé de sa gangue là où en vent arrière elle frotte sur le filin de garde. Cà c’est un défaut de conception par Beneteau que je règlerais en mettant des garde corps en solide avec la possibilité d’escamoter celui à cet endroit afin que l’écoute sur tangon ne frotte plus … un bateau ce sont des dizaines d’ajustements de ce type avant d’avoir un bateau « naviguant ».
Aujourd’hui c’est une navigation qui ne me rapproche pas mais me permet d’avoir un angle de navigation pour arriver à Miami, il est possible que je reste cependant plutôt près du coté US que de Cuba car un vent arrive du large et je serais probablement mieux au nord qu’au sud. De plus le vent risque d’être mieux orienté pour moi.
J’ai décidé de mettre une canne à l’eau pour voir si je peux ramener un marlin, mais je navigue trop lentement pour l’instant pour que cela morde. Je pense à Hemingway … L’homme et la Mer. Des petits dauphins très affairés sont passés me voir, les premiers depuis très longtemps.
Voilà quelques news et informations sur le quotidien de la vie sur le bateau … EN SOLITAIRE. Postés après les faits, mais c’est pas possible en temps réel du aux communications.
C’est midi déjà, l’heure de la bière du capitaine et de penser au déjeuner.




Arrivé à Miami, j’appel les autorités pour avoir un N° d’entrée officiel aux USA. Cela se fait rapidement par téléphone, il suffit d’avoir un téléphone qui marche aux USA. La téléphonie a été une galère tout au long des caraïbes, Françoise a souscrit chez Orange un « pass » et depuis n’a plus moyen de communiquer. Elle continue à recevoir divers offres de Pass internationaux mais est incapable de joindre Orange … l’incohérence des systèmes est souvent très frustrante pour ne pas dire … Moi j’ai Free qui me facture des sommes énormes (j’ai du dépenser presque 1000€ en un an) mais cela marche dans la plupart des pays.
J’ai appelé la marina publique de Miami mais évidemment ils n’ont pas de places (pas d’obligation d’avoir des places de passage aux USA) et me disent de me mettre à l’ancre au sud. C’est une erreur de mon interlocuteur mais j’en profite pour me placer hors du chenal en plein centre ville. J’en serais délogé trois jours plus tard, mais en attendant nous en avons profité. L’endroit indiqué par les Coast Guard est en plein vent, difficile d’accès, à 3km par bateau du centre ville et à marrée basse je frôle le fond. Françoise aura froid, sera mouillé par les vagues des bateaux à moteur qui foncent dans le chenal (interdit mais!!!) mais notre petite annexe tient bien la mer et nous mène à bon port.
Je suis allé chercher Françoise à l’aéroport avec une voiture de location, me disant que cela serait plus simple pour elle et que nous en profiterions pour « visiter » et faire les courses requises. A l’aéroport Françoise a été bloqué aux douanes car elle n’avait pas d’adresse aux USA … se rappeler de toujours déclarer un grand hôtel du coin à l’arrivée ! Si on rejoint un bateau il faut un mot du capitaine … mais je ne savais pas et Françoise ne s’était pas renseignée … donc 3 heures d’attente pendant que la douane US épluche son passeport et fait des recherches sur informatique. Ils connaissaient tout de son parcours cette année et lui ont fait remarquer qu’à Puerto Rico ils n’avaient pas tamponné son passeport. « j’en ai marre ! » était les premiers mots lorsque je l’ai récupérée. C’est vrai qu’elle est gâté par les douanes US, la première fois à San Francisco et cette fois à Miami !
Vendredi c’était la recherche d’un shipchandler pour acheter de nouvelles écoutes de Génois et une corde dynéma (matière incroyablement solide sans élasticité, aussi fort que du fil de fer) pour consolider l’attache de baume au mat qui semble bien tenir depuis ma réparation au Mexique. On en a profité pour acheter une glacière de luxe afin de remplacer mon ancienne dont les charnières ont cassée avec le soleil et la rouille, et pas mal de bricoles, notamment un morceau de durite pour le cas où j’aurais une autre fuite plus difficile à réparer !
On est impressionné par les dizaines de km de bord de cote avec les immeubles de 40 étages et plus qui sont bordés souvent de canaux où les gens ont des bateaux. C’est le pays du bateau à moteur, les voiliers c’est apparemment plus au nord, Fort Lauderdale, mais nous n’y sommes pas allé.
Le soir nous sommes allé sur une ile reliée par un pont où nous avons vu des maisons grandioses et c’est là que l’on se dit qu’il y a des gens riches ! Incroyable avec des architectures intéressantes, des vraies demeure hollywoodiennes avec gardiens, grilles et caméras … on a mangé dans un restaurant du coin un excellent diné avec un bon vin (mais cela a couté TRES CHER!).
Samedi nous sommes allé explorer le plus grand parc national à l’est du Mississippi, The Everglades. Immense, cette région est au raz de l’eau avec un fleuve qui coule et déverse 10 cm sur toute la surface de cette région en période sèche et presque 50 cm en période humide. Des herbiers plein de poissons qui fraient dans cette région et des caïmans et crocodiles, avec plusieurs espèces (Jamaïque, Brésil etc) qui sont des bébé rapportés de pays étranger comme animaux de compagnie puis relâchés dans la nature ! En fait cette région est moins boisée que Braie (la maison de Françoise dans les marais de la somme) mais y ressemble. Juste une faune et flore différente avec en plus du soleil et des températures qui imposent chapeau et tenue légère. Beaucoup d’oiseaux, on a même vu un flamant rose et des poissons qui ressemblent aux nôtres mais les brochets ont des becs très long etc .

Bon, on reprend la route après avoir fait le plein de fuel ($2.87 le gallon soit environ 80centimes le litre) La dernière découverte c’est du gasoil dans le fond de cale, mais je ne suis pas arrivé à trouver la source. Evidemment il y a aussi des reste de ma fuite d’huile … enfin, nous avons vidé, lavé et cela ne coule plus ... donc mystère. Possiblement un reste de la purge faite lors de la maintenance moteur et cela avec l’huile de moteur de ma fuite de la durite lors de ma traversée en solitaire. A suivre.

Monday, February 12, 2018

On est à l’ouest de la cote de Jamaïque, vent arrière avec le Génois sur tangon et la grand voile en « papillon ». Destination Mexique via ... les Iles de la Reine, groupement d’ilots où l’on nous indique que les fonds sont splendides, et les pécheurs qui y habitent très chaleureux.
Nous avons passé 10 jours en Jamaïque et avons parcouru le pays dans tous les sens en voiture sur des routes où les nids de poules sont plutôt des nids de dinosaure ! Pour faire 80 km en roulant « vite » cela prend plus de 3 heures soit une vitesse moyenne de 25 km/h. Ce qui nous a beaucoup surpris c’est que les belles plages, les endroits sur la côte où on aurait aimé se balader sont toutes achetées par des grands hôtels/resorts et , sauf à avoir louer un appartement, l’accès y est interdit. Alors on voit des cars de touristes se balader pour voir les quelques jardins, chutes etc mais autrement ils restent dans leur coin, derrière leurs barrières, leurs gardiens et « piégés » par le contexte touristique auquel ils ont souscrit.
Quelques belles rencontrent avec des locaux. Ce matin à l’ancre dans une baie isolée où il ne doit pas y avoir beaucoup de passage (nuit remuée car une houle malgré les récifs) un pécheur est venu nous voir pour savoir si nous avions un problème. Cependant sur la rue un peu trop de mendiants qui pensent que le touriste est un portefeuille à
rançonner. Notre mouillage à Port Royal était super, une micro marina où Jo veille à ce que l’annexe soit en sécurité, John sait trouver tout ce que tu veux (attention au prix!) et on peut même leur demander de mettre en route l’internet qui ne marche que rarement et avec beaucoup de moments d’absence. Mais l’école marine à coté à un internet (découverte du dernier jour!). Le village à 2 minutes de marche est « local » avec un restaurant Garcia, qui est le meilleur de la région avec de la langouste entière grillée à 15€ ($1800 Jamaïque).

Le « musée », en fait la maison de Bob Marley est à voir. Il
en avait fait son studio et le lieu où les « copains » se rencontraient, en plein milieu de la rue huppée des « colons » de la ville. Cela avait fait scandale à l’époque. Les peintures murales sont sympas et la collection de disque d’or, d’argent etc impressionnante. C’est une fondation créée par sa fille qui gère et je pense ils en vivent BIEN. Je ne sais si dans l’esprit de Bob, ils financent et redistribuent … à voir.

Les américains ont décrété que la Jamaïque est « à éviter du au crime » et c’est vrai qu’en 20 jours 46 personnes ont été tuées, la plupart par la police. Mais on sent un sentiment d’insécurité dans les grandes villes.


Le vieux Kingston où les pauvres vives est vraiment sale
avec cependant sur les avenues des banques etc qui datent de la colonisation. Quelques belles maison et un marché sur plus d’un km carré, mais cela pue et on s’étonne des détritus en décomposition partout.
Sur le plan sanitaire, les maladies et les rats doivent couter plus cher que de ramasser ces ordures … alors quel est la logique ? Le New Kingston est très moderne avec des avenues entretenues on sent bien qu’il y a beaucoup d’argent. En montant dans les collines on voit des maisons immenses derrière les murs … un peu comme à Los Angeles avec les maisons des stars et milliardaires.

En se baladant dans les petites routes des Bleu Mountains on voit des exploitations qui devaient être riches dans le temps mais sont laissées soit à l’abandon, soit peu gérées actuellement. Il y a aussi des hébergements sympa, des gens qui vivent très reculés mais avec des valeurs artistiques, des accueils du style que l’on retrouverait en Californie, … la culture hippie qui a muri et s’épanouie.

J’ai fait les papiers d’arrivée et ici exceptionnellement c’est gratuit ! Mais il faut remplir plus de 20 formulaires après avoir été visité par les gardes côtes qui cherchent armes et drogues. Assis à une table d’hôtel avec le douanier et l’immigration, j’ai dit « ça sent le brulé », le douanier m’a répondu « c’est pour les mauvaise odeurs » … en fait c’était quelqu’un qui fumait un pétard … on peut sentir cela sur tous les coins de rue, c’est donc illégal mais admis et à un prix qui ferait rêver les européens. L’alcool par contre est plus cher qu’en France ! Un comble pour le rhum qui est fabriqué ici ! Je tente de compléter ma collection à chaque ile, mais ici c’est vraiment trop cher. Dommage car le rhum est vraiment différent dans chaque endroit … ce qui m’étonne mais apparemment serait du à la variété de la canne (plus de 1200!).
Ce matin nous avons épluché les 3 macros qui restaient de notre pêche d’hier, dont un de presque 1kg que nous avons mangé hier soir … délicieux frais comme cela. On a donc fabriqué des rillettes et avec des restes de langouste Françoise à fait une soupe. Le quotidien sur le bateau, avec une cuisinière qui a des idées et qui me gâte. Ce midi la tarte aux pomme et les rillettes en apéro … pas mal !



Nous tentons de rejoindre un mouillage ce soir dans une baie fréquentée par les hippies et difficile d’accès par la route. On est partit à 8hr et avons 55 miles à faire, soit 10 hrs de route environ car nous marchons à presque 6 nœuds. Bon, je vous quitte pour la traditionnelle bière du capitaine à 11hrs, puis je tenterai d’introduire quelques photos en espérant ne pas être dérangé par la ligne de traine qui devrait nous attraper une dorade coryphène ou un thon … inch’Allah !
La baie des Hyppie est maintenant occupée par 3 grand complexes hôteliers qui proposent « le tout compris », c’est à dire que si vous réservez là vous n’avez plus rien à dépenser. Mais cela veut dire que les gens comme nous qui veulent se balader sur la plage sont interdits (car nous pourrions en profiter!) et des gardes vous arrêtent tous les 30 mètres.
Heureusement un minuscule bout de plage au centre est encore « libre » pour les locaux. Eux nous disent d’ignorer les « gardes » et en effet, ils n’osent pas nous interpeller car nous pourrions être des clients car nous sommes blancs. Mais le plaisir n’y est plus et il fait très chaud à la mi-journée, alors on reprend notre annexe et on rentre au bateau après une bière avec les locaux et le joint qui ici accompagne toute activité.
On a repris la mer pour Cuba, bien que notre destination officielle est Cancun au Mexique via Isla Mueres où j’espère retrouver les amis rencontrés lors de notre visite pour voir Agate en 2012. En effet les américains sont interdits de voyage à Cuba mais en tant que Français nous y allons. Cependant pour ne pas avoir de problème une fois aux USA, nous nous assurons de n’avoir aucune trace de ce voyage.

Habitat sur les hauteurs
 Arrivée à un ilot derrière la barrière des Iles de la Reine (région de récifs) et voilà que deux pécheurs s’approchent. Françoise est un peu inquiète en se disant que l’on pourrait être arraisonné, mais leur sourire nous rassure et ils viennent pour nous donner une langouste. Le geste est si généreux, dans leur barque rafistolée, couverte de plaques de métal récupérées sur des grosses boites de conserve
et qui fuit car il écope régulièrement, que je leur offre une bouteille de whisky du Brézil. Alors là, ils nous forcent à accepter 8 langoustes (ils nous en auraient donné plus mais on a beaucoup insisté pour dire NON), dont une de au moins 3kg … en tout une dizaine de kilo de langouste !


Après quelques échanges ils s’apprêtent à partir mais leur moteur, un moteur de voiture raccordé à une hélice à travers la coque, ne veut pas démarrer. Ils s’acharnent mais rien n’y fait. Je leur met un peu d’un adjuvant qui nettoie les carburateurs et enfin 5 minutes après ils arrivent à faire démarrer la machine. Je veux bien qu’ils aient des rames, mais aller sur une embarcation aussi précaire à plus de 20 miles de leur village, même sur une mer intérieure, cela relève d’une prise de risque à laquelle je me refuse. Leur sourire, gentillesse des gestes et des mots restent avec nous et je pense pour longtemps.

Le temps se gâte, nous tentons d’aller sur un récif où on devrait pouvoir être à l’abri, mais après 3 tentatives de pose de l’ancre on s’aperçoit que le fond e
st à la fois trop dur et couvert d’une algue qui fait glisser l’ancre. Françoise à la bonne idée d’aller vers le continent où nous serons à l’abri du vent. Mais nous n’y arriverons qu’à minuit après 4 heures de moteur face au vent. Heureusement, là l’ancre tient bon et les 25 à 45 nœuds de vent en rafales ne nous inquiètent pas car nous restons dans l’arc de cercle de l’ancre, à moins de 15 mètres en moyenne. Cela mérite, comme beaucoup de choses lors de ce voyage un ptit apéro !
Samedi matin, voilà le beau temps même si je sais qu’il y aura un coup de vent ce soir. Les bateaux de pêche passent les uns après les autres à partir de l’aube et le dernier vient directement sur nous ! A 50 mètres il est encore plein gaz nez sur notre arrière et je commence à leur faire des gestes pour qu’ils s’écartent. Notre corne de brume est HS depuis quelques jours du à la corrosion et je ne peux l’utiliser (j’ai fait note d’en avoir toujours 2 dorénavant!). Finalement alors qu’ils continuent à approcher je tente de démarrer le moteur mais pour la première fois il ne veut pas ! Leur bateau s’approche dangereusement et ils me font signe d’avancer … mais pas de moteur, MERDE
A la toute dernière minute alors qu’ils ne sont qu’à quelques mètres ils mettent la marche arrière et leur bateau s’arrête à moins de 2 mètres de nous. Heureusement ils maitrisent car autrement on aurait étOUI, je vous demande de faire une pause et nous plaindre comme il se doit.
é coupé en deux car leur bateau c’est du 5 fois notre taille en bois solide. Je pense qu’ils ont apprécié la blague, moi un peu moins mais je ne peux leur en vouloir car ils sont venus nous proposer des crevettes grosses comme des petites langoustes. Je fais la navette avec l’annexe, mais c’est un panier entier qu’il me donne ! Alors je ramène à Françoise pour remplir un sceau et leur rapporte le reste avec une bouteille de whisky. Ils sont ravis et veulent insister pour que je prenne tout le panier, mais on ne veut pas gâcher donc on reste ferme. Les échanges sont difficiles car mon espagnol est très limité et après avoir dit comment ils apprécient notre équipe de foot, que je leur ait dit comment nous apprécions Cuba, on se quitte, presque des amis. Le reste de la matinée est programmée, nous cuisons les crevettes/gambas et les épluchons pour les garder au frigo. Trois boites plus un déjeuner digne du Grand Véfour avec petits calamars mitonnés au beurre et l’ail, salades aux herbes et gambas/crevettes au jus !

J’ai téléchargé un nouveau Grib (info météo marine). En cette saison les coups de vents se suivent. Nous espérons profiter demain d’une accalmie de quelques jours pour finir notre périple dans les Jardins de la Reine avant de nous présenter à notre port d’entrée à Cuba. Puis ce sera un périple terrestre qui durera tant que nos dollars nous le permettrons … à suivre.